19.04.2008
DEUX VIDEOS EXCLUSIVES : des militaires français ratent une chasse aux terroristes en Mauritanie

.0Trois morts, huit blessés, trois terroristes en fuite ! C’est le triste bilan de la chasse à l’homme menée en Mauritanie pour capturer les tueurs des quatre touristes français assassinés le 24 décembre au nord de Nouakchott.
Un journaliste ami de « Bakchich » a filmé la dernière fusillade, lundi 7 avril, dans la capitale, entre la police mauritanienne et les terroristes présumés. Ses images et son enquête montrent que des agents secrets français pilotaient une partie des opérations. Il raconte
Regardez bien ces images, des passants en jogging ou en boubou sont dans une rue de Nouakchott, quand soudain des coups de feu claquent. Qui tire sur qui ? Cinq hommes armés sont aux fenêtres d’une villa blanche, ils visent un terrain vague en contrebas, où six policiers de la toute nouvelle brigade d’intervention rapide de la police mauritanienne, dotée d’une trentaine d’hommes, s’abritent du feu derrière les portes de leur 4x4 à l’arrêt.
Le pick-up blanc, qu’on voit sur les images arriver en renfort, est celui du commandant de l’unité, Mohamed Salem Ould Ghallah. Lui n’a pas le temps de descendre de son Land cruiser, il se prend une rafale et décède sur le coup.
A ce moment-là, nous avons pu amener la caméra derrière un mur, d’où l’on peut voir les policiers tirer depuis leur véhicule. Les tirs s’intensifient, les balles secouent le sable, les policiers coincés, démoralisés par la mort de leur commandant, profitent d’une pause et se replient en emportant huit blessés. Dans les rues, l’information circule vite et on parle de cinq terroristes retranchés dans la villa blanche. Tout le monde sait que depuis plusieurs mois, les policiers mauritaniens sont engagés dans une chasse à l’homme contre le commando salafiste qui a assassiné quatre touristes français dans le désert, la veille de Noël.
Un mystérieux français dirige les policiers mauritaniens
Quelques minutes plus tard, comme le montre cette seconde vidéo, les policiers sont repliés à couvert derrière un mur, rejoints par des renforts. On peut voir les gradés, décapités après la mort du commandant, en plein flottement. C’est là qu’au milieu d’eux, soudain, apparaissent trois Occidentaux.
L’un deux, un beau blond athlétique en pantacourt, s’agite et donne aux forces mauritaniennes des directives de la main droite. On l’aperçoit au tout début de la vidéo, au premier plan, avant qu’il ne disparaisse derrière l’homme en boubou bleu. On le revoit au centre de l’image vers 0’33, puis marchant de dos vers 0’42.
Un répit dans la fusillade permet de traverser le champ de tir et d’approcher ces hommes, caméra à la main. Le blondinet vient aussitôt vers nous dans sa tenue de vacancier international, exception faite du pistolet qu’il tient à la ceinture en lieu et place du téléphone portable ou de la banane du touriste moyen. « Robert », appelons-le ainsi (c’est le surnom préféré des barbouzes…), nous demande en français sans accent, et
sèchement, de ne pas être filmé.
On demande à « Robert » ce qu’il fait ici, il répond qu’il travaille pour la coopération, en mission de formation pour la police mauritanienne.
- Mais que faites-vous au coeur de cette fusillade ?
- Pure coïncidence, affirme-t-il.
- C’est quand même étonnant de vous voir ici, en train de diriger une attaque sur le sol mauritanien… Vous chapeautez la brigade ?
- Je vous le répète, on est arrivés là PAR HASARD, insiste notre beau blond.
- Et par hasard, vous ne seriez pas des services de renseignement français ?
- Pas du tout ! termine l’homme qui tombe à pic, avant de nous demander de déguerpir.
vidéo
Que faisaient ces trois « coopérants » français sur la scène de la fusillade ? A l’ambassade de France, on répond d’abord à Bakchich un grand « Ah bon ? », en affirmant ne rien savoir de cette affaire. On leur mentionne une preuve filmée, et le ton change : « s’il y a eu des Français sur le terrain de la fusillade, de toute façon, ce ne serait que très anecdotique. Ici, on n’a que quatre coopérants militaires chargés de faire de l’assistance technique aux Mauritaniens ». Arrivée non prévue, donc, d’un simple coopérant militaire qui passait par hasard sur les lieux ? Si l’on en croit les policiers mauritaniens, les Français sont vraiment trop modestes !
Mardi 8 avril, au lendemain de la fusillade, des hauts gradés de la police de Nouakchott nous dévoilent en effet ce que les Français ne voulaient pas dire : la planque des Salafistes, dans la villa blanche, leur a été révélée par les Français… Comme quoi, le beau « Robert » n’était pas vraiment en train de cueillir des dattes avec son pistolet à la ceinture, quand par hasard il aurait entendu des coups de feu et se serait précipité pour estimer si tout va bien. Le même jour, l’information se précise. Un de nos contacts diplomatiques nous confie que « Robert » et ses deux amis, qu’on voit sur nos images, sont « trois agents de la DGSE qui suivent l’enquête depuis l’assassinat des quatre touristes français ». On comprend mieux !
La DGSE, déjà à l’origine de l’arrestation de deux terroristes du même groupe en Guinée-Bissau en janvier, poursuit donc sa traque en Mauritanie, et a servi d’indicateur aux Mauritaniens. Très efficace : elle a mené les policiers mauritaniens sur le quartier occupé par les terroristes. Sauf que les Français ont oublié un détail : à l’intérieur de la villa, les djihadistes étaient lourdement armés. Et parmi les policiers mauritaniens qui ont mené l’assaut, certains le gardent un peu en travers.
Un haut gradé est même un rien accusateur : « C’est sur information des Français que la brigade est partie sur les lieux pour repérer dans le quartier. Sauf qu’on ne savait pas dans quelle maison les terroristes étaient retranchés. On a reçu une information incomplète qui a conduit à la mort d’un commandant mauritanien et à 8 blessés dans nos rangs ». Autrement-dit, à tort ou à raison, des flics mauritaniens jugent que nos services tricolores ont un rien manqué de rigueur et de professionnalisme. Et qu’à cause de cela, le repérage a mal tourné et a dégénéré en fusillade.
Ce qui est sûr, c’est que le bilan de l’opération n’est pas à la hauteur du professionnalisme, reconnu, de nos espions français. Un policier mauritanien est tué, huit autres blessés. Un jihadiste est trouvé mort dans le garage de la villa, ses quatre compagnons prennent la tangente. Leur trace est retrouvée dans la nuit nouakchottoise après qu’ils aient braqué un automobiliste. L’un d’eux, blessé lors de la fusillade est ramassé mourant sur la banquette arrière. Présenté par la police mauritanienne comme l’artificier de la bande, il décèdera samedi 12 avril.
Restent trois jihadistes encore dans la nature, parmi lesquels se trouverait l’un des trois tueurs présumés des quatre touristes français, Sidi ould Sidina, alias « Abou Jendel », un jeûnot de 20 ans aspirant à faire partie des pontes de l’ancien GSPC, qui se réclame d’Al Qaida. Arrêté en Guinée Bissau grâce à la DGSE, puis extradé vite fait à Nouakchott, le gamin a fait la nique à tout le monde au début du mois. Profitant d’une pause pipi lors de son audition avec le juge chargé du dossier des quatre touristes, il s’est échappé en plein jour du palais de justice ! En dépit des affiches Wanted (13 000 euros pour sa capture) collées dimanche aux murs de la principale artère de la capitale, Sidina court toujours.
Pour vérifier nos révélations, Bakchich a joint le ministère des Affaires étrangères et celui de la Défense. Au Quai d’Orsay, on nous nous affirme qu’aucune information ne leur est remontée sur cette affaire. Au la Défense, après un temps de vérification, on nous répond ceci : "nous sommes désolés, mais pour cette fois, nous ne communiquerons pas sur ce dossier". Pas même un démenti ? Eh non. Rien de rien.
Capture d’un des tueurs présumés des quatre touristes français
Cette troisième vidéo montre la capture en plein Nouakchott d’un de ses complices présumés, trois jours après la fusillade. Cela se passe le jeudi 10 avril. Un chauffeur de taxi est alpagué pour une course. Il croit emmener une femme vêtue de l’habit traditionnel (mélhafa), quand il s’aperçoit, damned, que cette beauté porte au visage des poils peu féminins ! Une femme à barbe ? Le chauffeur n’en croit rien et tente de donner l’alerte. Vénus tente de s’enfuir mais elle se prend les pieds dans la mélhafa et ce sont des passants qui l’attrapent…
Reviennent alors les flics de la brigade d’intervention, qui d’un tissu couvrent son doux visage, la menottent sans égards et l’embarquent, pied au plancher, vers la prison de la ville. Aujourd’hui, les autorités affirment que le travesti serait en fait le troisième assassin et chef présumé de la bande, Maarouf Ould Haiba. En cavale depuis le massacre des Français, fin décembre, il a semble-t-il été bien cuisiné, car dès le lendemain, vendredi 11, deux caches d’armes sont découvertes dans le quartier où a eu lieu la fusillade lundi.
La suite de notre grande chasse à l’homme franco-mauritanienne au prochain épisode, si « Robert » et ses gars, nos limiers de la DGSE, parviennent à retrouver les trois fuyards encore en cavale.
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Mauritanie: un "coopérant militaire" français blessé par des militaires

Un "coopérant militaire" français a été "légèrement blessé à la cheville" jeudi soir à Nouakchott par des militaires mauritaniens devant le commandement de la garde présidentielle et évacué vers Dakar, a-t-on appris vendredi de source sécuritaire mauritanienne.
Dans un premier temps, la télévision mauritanienne avait indiqué que "deux étrangers" avaient été "légèrement blessés" par balles. Mais la source sécuritaire a précisé vendredi que le deuxième Français se trouvant à bord du véhicule n'a pas été blessé.
Sollicitée par l'AFP, l'ambassade de France à Nouakchott s'est refusée à tout commentaire.
A Paris, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Pascale Andréani, a reconnu qu'un "coopérant technique" français avait été "légèrement blessé", sans donner de précisions sur ses activités. Mme Andréani a aussi fait état de "deux étrangers non-français" blessés.
Selon les premiers éléments de l'enquête, les deux Français à bord d'une voiture aux verres fumés se sont arrêtés devant le portail de la garde présidentielle. Les gardes ont ordonné au conducteur de s'en aller mais la voiture n'a pas bougé. Les militaires ont alors tiré, selon la source sécuritaire.
Mercredi, une voiture avait forcé à vive allure les barrières d'accès de l'ambassade de France à Nouakchott avant d'être immobilisée. Selon les premiers témoignages, "il semblerait que le conducteur ait été pris d'un accès de démence".
Interrogé sur la nature de ces deux événements, Mme Andréani a estimé qu'il s'agissait d'"accidents". "C'est fortuit. Nous n'en tirons pas de conclusion particulière en matière de sécurité", a-t-elle ajouté.
Ces deux incidents interviennent dans un climat sécuritaire très lourd en Mauritanie, avec des forces de sécurité mauritaniennes particulièrement nerveuses.
Le pays a connu, entre fin décembre et début février, trois attaques de la mouvance d'Al-Qaïda qui ont fait sept morts (quatre touristes français et trois militaires mauritaniens) et provoqué l'annulation du rallye Dakar 2008.
Début février, une attaque revendiquée par Al-Qaïda contre l'ambassade d'Israël à Nouakchott avait fait trois blessés, tous Français, dans un restaurant se trouvant à proximité.
Lundi, le procureur de la République de Nouakchott, Mohamed Abdallahi Ould Tiyib, a indiqué que des combattants islamistes, qui ont affrontés le 7 avril les forces de sécurité à Nouakchott, étaient "sur le point de mener" des attentats en Mauritanie.
AFP - Nouakchott
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Le rescapé du carnage mauritanien parle sur RTL
Le 24 décembre 2007, en fin de matinée aux environs d'Aleg (Mauritanie), cinq touristes français piquent-niquent sur le bord de la route. Ils

sont attaqués par trois Mauritaniens armés de Kalachnikov qui tirent sur les Français.
Quatre sont tués sur le coup. - François Tollet, seul survivant de cette tuerie, a été rapatrié en France et il est hospitalisé à Lyon. Il ne s'était encore jamais exprimé dans les médias. Il le fait en exclusivité sur RTL.
Myriam Alma
RTL+ : le témoignage exclusif de François Tollet, unique rescapé
"En moins de 2 minutes, on était tous à terre, flingués..."
Quelques jours après ces assassinats, les organisateurs du Dakar ont annulé l'épreuve en raison des conditions de sécurité en Mauritanie. Le rallye devait traverser le pays. C'est la première fois depuis la création de l'épreuve en 1979 que la course est annulée.
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15.04.2008
Aujourd'hui sur Cridem : Mardi 15 Avril 2008 - 12:38:15

En 1980, la «vente» de M’barka Ghaidour avait été à l’origine des événements ayant conduit à l’arrestation des militants d’El Hor (mouvement antiesclavagiste) et au vote d’une loi abolissant l’esclavage. 28 ans après, Ghaidouma Kaka Mint Ahmed, fille de M’barka, a été libérée par une mission de la commission nationale des droits de l’Homme. Elle se trouve actuellement à Nouakchott et va rejoindre sa mère à Atar la semaine prochaine. La CNDH a également libéré une autre femme, Barakatou Mint Said
Esclavage : Ghaidouma Mint Ahmed
« Ils sont tous partis ». En plus de Barakatou, la mission de la CNDH a ramené de la localité Ghroumbeit (Tagant) Ghaidouma Kaka Mint Ahmed et ses sept enfants (six filles et un garçon). C’est par l’intermédiaire de Salka, une des filles de Ghaidouma que SOS Esclaves s’est saisie de ce cas.
Salka, l’aînée de Ghaidouma avait quitté, il y quelques mois, Ghroumbeit pour accompagner une des fille de ses « maîtres » à Nouadhibou. Après quelques jours passée dans cette ville, elle a pris la direction d’Atar, d’où elle serait originaire et où habite sa grand-mère M’Barka. A Atar, Salka a rencontré un militant de SOS Esclave. Elle est arrivée avec ce militant à Nouakchott le 25 mars. Le cas a été porté à la CNDH qui a envoyé une mission pour plus d’informations.
Une fois au Tagant, la wali a fait accompagner la mission de gendarmes pour aller à Ghroumbeit. Ghaidouma, après quelques réticences a fini par affirmer qu’elle vit habituellement en brousse, loin de la localité de Ghroumbeit pour garder les animaux. Le lieu où se trouvent les animaux serait à quatre ou cinq kilomètres de cette localité. Finalement elle a accepté de venir à Nouakchott avec la mission.
Deux des enfants de Ghaidouma qui se trouvaient dans d’autres localités de la zone ont été amenés par les gendarmes. Ghaidouma et ses enfants, avec les missionnaires de la CNDH, ont pris le chemin de Nouakchott. La femme et ses enfants on été présenté à la CNDH. Elles sont libres et ont décidé d’aller à Atar où se trouvent la grand-mère maternelle des enfants ; M’barka.
Sur la carte d’identité de Ghaidouma, établie en 2006, elle est née en 1968. Quand on lui demande l’identité du père ou des pères de ses enfants, elle baisse la tête et répond « Ils sont tous partis.» Elle a éprouvé la même gène, même honte que l’on perçoit chez les femme libérée de l’esclavage à l’évocation du père de leurs enfants.
La mère de Ghaidouma, M’barka (Ghaidour) n’est autre que la femme qui, en 1980, avait été à l’origine des événements ayant conduit à l’arrestation des militants d’El Hor à Atar et Nouadhibou. Les troubles avaient commencé après l’annonce de la « vente » de M’barka à Atar. L’histoire, en Mauritanie, parfois, ça donne l’impression de tourner en rond.
Barakatou Mint Said : « Je veux être indemnisé »
La semaine dernière, une mission de la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH), conduite par Boubacar Ould Messaoud, s’est rendue à Aioun pour s’enquérir du cas de Barakatou Mint Said, âgée d’une quarantaine d’années, «maintenue en esclavage depuis son jeune age.» Barakatou a été ramenée à Nouakchott et présentée au procureur de la République. Elle est libre et demande à être indemnisée pour des décennies de travail non rémunérée.
Nous avons rencontré Barakatou au domicile de Boubacar Ould Messaoud à Nouakchott. A Aioun elle avait été présentée au procureur de la République avant d’être libérée. Un des ses fils né en 1987, lui aurait été arrachée et affecté au gardiennage des troupeaux quand il était en sixième année de l’école fondamentale. Barakatou a trois enfants (une fille et deux garçons), tous de pères différents. Elle a affirmé avoir perdu de vue ses « trois époux » au moment où elle attendait les enfants conçus en leur compagnie. Ces enfants connaissent-ils leurs pères ? La fille de Barkatou, Oumoulkhairy, serait à Atar.
La mère de Baraktou, qui se trouvait à Akjoujt est venue à Nouakchott pour récupérer sa fille des mains de la CNDH. Lundi 14 avril, à Nouakchott, elle s’est retrouvée avec elle dans le bureau du Procureur de la République. Il y avait aussi Me Fatimata M’baye, présidente de la sous commission violation des droits de l’Homme à la CNDH et Boubacar Ould Messaoud, membre de cette sous commission.
Barakatou aurait, dans le bureau du procureur, reproché à sa mère de n s’être jamais occupée d’elle et de n’avoir pas cherché à la voir. Elle aurait également dit avoir travaillé pendant des années, chaque jour, de quatre heures du matin jusqu’au coucher du soleil sans aucune rémunération. Toujours dans le bureau du procureur, Barakatou aurait affirmé n’avoir jamais été battue parce qu’elle faisait son travail presque naturellement. La mère aurait dit à sa fille « Tu n’es pas esclave. Tu étais chez les filles de nos amis qui n’avaient pas d’enfants.»
Barakatou aurait répondu « Je suis libre. Je partirai quand je voudrai.»
Pour que Barakatou ne replonge dans la servitude, des défenseurs des droits de l’Homme s’organisent pour lui trouver un logement et une activité génératrice de revenus. Le représentant de SOS Esclaves à Aioun, un biologiste en service à l’hôpital régional, qui avait le premier signalé le cas de Barakatou Mint Said, a été interpellé après le départ de la mission de la CNDH. Il a par la suite, était relâché.
Khalilou Diagana
khalioubi@yahoo.fr
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13.04.2008
Ils veulent boycotter les jeux ? Qu’ils les boycottent donc !...

Par Maître Lô Gourmo Abdoul.
A mesure que se rapproche la date d’ouverture des JO à Pékin, s’intensifie une campagne systématique de dénigrement de la Chine Populaire comme pays organisateur, dans le cercle condescendant des donneurs de leçons occidentaux en matière de droits de l’homme.
Bien sûr, c’est par pur hasard que le Dalaï Lama, Grand combattant de l’harmonie entre les peuples, dont le nom pour l’éternité restera attaché aux grandes causes des peuples opprimés, comme naguère la lutte des peuples indochinois contre ses amis américains, celle du peuple sud africain contre le régime d’apartheid ou de la Palestine encore aujourd’hui contre l’occupation et l’oppression israélienne etc.., fut reçu au Congrès américain, juste avant les troubles de Lhassa, comme un véritable Chef d’Etat d’un Tibet dont nul ne peut ( pas même lui !) contester l’appartenance à la Chine, à quelques semaines du démarrage du fameux périple de la torche olympique.
Pur hasard également si, juste après, le relais est pris par la chancelière allemande pour tenter d’ouvrir le dossier tibétain sur une scène internationale sans voix ou doucereuse devant les massacres de masse de Tsahal à gaza, contre des vieillards, des femmes et des enfants de Palestine.
Pur hasard bien sûr, si, subitement, comme une furie sortie de nulle part, l’étrange révolte des moines tibétains, en complète rupture avec leur profession de foi , va se déchaîner avec une rare violence non seulement contre les autorités en place, mais surtout contre certaines communautés nationales ( les han et les ouigours d’origine musulmane) comme peinent à le reconnaître les grands medias internationaux qui, pour l’occasion, réglés comme du papier à musique, ont ressorti des placards les vieux poncifs politiciens et ethnicistes antichinois de l’époque de la guerre froide voire de l’ère coloniale et leur arme favorite de l’indignation sélective.
Le Darfour devait être le principal cheval de bataille de ceux qui, en occident n’ont jamais supporté de voir une autre nation qu’occidentale mettre en scène une réussite aussi fulgurante qu’exemplaire comme le fait la Chine, avec une déconcertante simplicité et dans le respect le plus scrupuleux des autres peuples du monde, particulièrement ceux d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine. Kouchner et Rama Yade s’y étaient préparés et s’apprêtaient, avec les amis américains de M. Sarkozy, à assurer le commandement général de l’offensive darfouriste antichinoise, lorsque, patatras, vint à éclater l’énorme scandale de l’arche de Zoe -qui ne révèlera pas de sitôt tous ses grands et petits secrets d’Etat -et l’offensive des rebelles tchadiens et ses suites diplomatico-militaires.
Subitement, la Chine a donc cessé d’être le principal soutien du régime de Khartoum en raison de ses achats pétroliers ( ou du régime Birman pour la même raison) et devant à ce seul titre être voué aux gémonies. Elle redevient elle-même, dans la casuistique des donneurs de leçon occidentaux, en termes de violation des droits de l’homme, par le Tibet. Cette spécification « interne » a un avantage comparatif incommensurable par rapport au Darfour : c’est qu’elle ne suppose plus une évaluation globale des rapports extérieurs de chacun avec tous et de dresser, au besoin, le tableau noir des soutiens aux principaux dictateurs et régimes infractionnels des règles communes de la planète…
Mais, « Si ce n’est toi, c’est donc ton frère… ».Que ce soit le Darfour ou le Tibet, peu importe. La Chine, de toute façon, devait s’attendre dès le début de son aventure olympique, à une lutte d’image sans merci de la part des milieux intégristes occidentalistes forcenés, contre sa consécration comme grande puissance sereine, pacifique et respectée par les plus humbles, qui tranche tant avec ce que l’histoire a légué de toutes les puissances et a fortiori superpuissances préexistantes. Tel était, tel est en fait, l’enjeu de l’agitation antichinoise actuelle.
Toutes les contradictions de ce monde éclatent dans le sort que d’aucuns voudraient réserver de force à la Chine, en attendant, peut-être, de reprendre la main sur la marche des évènements : la confiner dans son rôle très pratique de pourvoyeuse de croissance mondiale, d’exportatrice de biens de consommation puis de grande consommatrice de produits de haute technologie et de forte valeur ajoutée, tout en reconnaissant aux autres la splendeur exclusive de leur civilisation et l’éclat éternel de leur culture pour ce qui reste à l’humanité de vivre sur cette terre. Un « géant économique » mais un nain politique et culturel : c’est l’actuelle tentative de nipponisation des nations émergentes qui a tant réussi au cours de ces cent dernières années pour le maintien de l’hégémonie occidentale sur la planète et qui fait de toute réussite d’une nation non occidentale, une simple anecdote historique ou un accident de trajectoire dans l’appréhension hégélienne de l’histoire du monde qui domine encore notre univers.
Ceux qui, au nom de leur propre interprétation de l’idéal olympique ont peut-être inspiré les troubles de Lhassa, Katmandou, Paris et Londres, les tentatives de sabotage sur le parcours américain ou tanzanien (par le débauchage d’une prix Nobel Kenyane boycottiste de la dernière minute) de la torche se donnent pour la conscience du monde. Que n’eussent-ils point été aussi pugnaces lorsque les images d’Abou Ghraïb ou de Guantanamo vinrent rappeler ce que pouvait être la responsabilité de la plus grande démocratie représentative du monde -dans laquelle se discute par ailleurs, ouvertement, les conditions d’une légalisation de la torture par simulation de noyade des prisonniers ? Que ne manifestent-ils point leur dépit aux nombreuses occasions que ne cessent de leur offrir les principaux responsables politiques de toutes ces autres violations des droits humains qui nous indignent tout autant au quotidien, nous les peuples des pays faibles et opprimés et qui étranglent le monde de rire de leur menace de boycott …des cérémonies d’ouverture des jeux?
Partout cependant, sauf à Paris et Londres où Reporters sans Frontières, délaissant son rôle de protection de la juste cause des journalistes de par le monde, joue les gros bras du néoconservatisme et des partisans d’une résurgence dangereuse d’une nouvelle guerre froide aux relents identitaires antichinois évidents, la fête olympique a commencé.
Une poignée d’intégristes néoconservateurs new look tiennent à gâcher la fête, l’une des rares occasions qu’offre encore cette vallée de larmes qu’est notre planète, aux gens de toutes conditions dans tous les pays. La Chine qui l’organise est une puissance pacifique montante qui n’est pas à l’abri des critiques en matière des droits de l’homme et de pluralisme démocratique. Pas plus cependant que nombre de pays qui excellent dans l’art de la communication de masse et le détournement de conscience des gens pour camoufler leur propres détestables pratiques en la matière, par la vertu de la dédramatisation des pires violations des droits de l’homme comme les bombardements de villages entiers ou l’utilisation massive d’armes de guerre prohibées.
Quant à la Chine, en dépit des critiques légitimes dont elle pourrait faire l’objet en ce domaine sensible des droits de l’homme, force est de reconnaître, qu’aucune nation, jamais, n’a fait, en si peu de temps autant d’efforts et de progrès pour améliorer le sort de ses centaines de millions de ressortissants, sans aucun égoïsme vis-à-vis des autres pays moins bien lotis, sans donner la leçon à personne, sans prendre à quiconque, quoi que ce soit de force, dans l’humilité la plus complète. Et l’on voudrait que ceux qui, chez eux-mêmes, n’appliquent pour leurs banlieues ou leurs minorités aucune règle spécifique plus avantageuse, soutiennent des actes d’agression étrangère, occupent les territoires d’autrui et appuient des régimes anti-populaires notoires, que ceux-là poussent le reste du monde à faire sienne leur vertueuse indignation sélective et à s’aplatir devant leur arrogance morale ?...
Naguère, à l’époque pas si lointaine que cela où l’ANC (dont le leader N. Mandela reste encore à ce jour sous le coup de la grotesque accusation de terrorisme aux USA) et l’OLP étaient des mouvements « terroristes » pour nombre des grandes démocraties de ce monde et où le régime d’apartheid était un des fleurons du monde libre, le sport et la politique ne rimaient pas, alors que le commerce et l’indignation vertueuse étaient impérativement détachables et séparés. Nos néoconservateurs occidentaux s’en souviennent-ils ? Les peuples du monde et les progressistes du monde entier eux s’en souviennent encore très clairement, comme si c’était hier.
Les opinions publiques non fanatisées par un matraquage incessant d’une presse aux ordres de grands magnats néoconservateurs connus, aspirent à la paix et à la fraternité des peuples. Elles ont hâte de voir s’ouvrir ces jeux à Pékin, en août 2008, et à vivre un grand évènement dans leur quête d’un bonheur commun. Que ceux qui n’en veulent pas, pour des raisons avouables ou non en tirent eux-mêmes la conclusion : qu’ils ne viennent pas à Pékin, ne détournent pas les symboles sacrés de l’olympisme, ne cherchent pas à éteindre la flamme éternelle du sport de masse et laissent aux autres leur droit d’apprécier l’hospitalité respectueuse d’un grand peuple désormais éveillé. Celui de la Chine.
Maître Lô Gourmo Abdoul
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