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29.07.2005

L`exploitation de la menace terroriste en Mauritanie fustigée



L`exploitation de la menace terroriste en Mauritanie fustigée

Paris, France, 29/07 - La menace terroriste est "sciemment exagérée"
en Mauritanie par le pouvoir en place pour des considérations de
politique intérieure, estime un mémorandum de l`opposition en exil
rendu public jeudi lors d`une conférence de presse organisée à Paris.

"Ce document repose entièrement sur des faits. Nous y avons travaillé
pendant plusieurs semaines, recoupant nos informations, confrontant
nos sources, vérifiant les dates. A la fin, on arrive à un travail
solide sans invective et sans parti pris", a expliqué à la presse
Aboubakr Ould Maroini, le coordonnateur du groupe de travail sur la
menace terroriste en Mauritanie.

Intitulé "Impasse politique et réflexes sécuritaires en Mauritanie :
comment fabriquer le terrorisme utile", le mémorandum de 38 pages
revient très longuement sur l`attaque le 3 juin dernier de la caserne
de gendarmerie de Lemgheity, dans le Nord mauritanien.

Selon les opposants mauritaniens, l`attaque meurtrière attribuée au
Groupe islamique pour la prédication et le combat (GSPC, algérien)
avait été "suscitée" par le pouvoir de Nouakchott qui s`en est servie
pour son "marketing extérieur".

"Le régime du président Taya a multiplié dans la presse des
provocations vis-à-vis du GSPC avec lequel il entretenait des
relations notoirement connues. Il a présenté l`attaque comme la preuve
de l`existence d`une menace terroriste en Mauritanie, appelant à
l`aide et réaffirmant sa détermination à la combattre.

Tout cela procède d`une stratégie pour obtenir la sympathie de la
communauté internationale", ajoutent les opposants mauritaniens.

Ils affirment en outre que la menace terroriste est utilisée à des
fins de "règlements de compte politiques" par le régime mauritanien,
citant les "arrestations massives" d`opposants soupçonnés de liens
avec les milieux islamistes.

"Les personnes accusées d`islamisme ne sont que des réformistes qui
recherchent à tourner la page de certaines pratiques religieuses.
Pourquoi le pouvoir s`en prend-il maintenant seulement à elles alors
qu`elles ont toujours vécu en Mauritanie" ?, s`interroge le mémorandum
co-rédigé par le géographe Abdoulaye Diagana et le juriste Abdel
Nasser Ould Yessa.

Le document, illustré de plusieurs cartes et de "témoignages" de
prisonniers "torturés", s`achève par la demande de la création d`une
commission d`enquête internationale pour faire la lumière sur
l`attaque du poste de gendarmerie de Lemgheity.

Alors que le pouvoir de Nouakchott les présente comme des "actions
préventives", les arrestations dans les milieux islamistes
mauritaniens sont considérées par l`opposition comme "des manoeuvres
politiciennes" destinées à susciter la bienveillance de l`Occident.


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Le Bulletin Tawary Mauritanie-Net , vous informe sur les actualites de
la Mauritanie
email de la rédaction : mauritanienet@gmail.com

UNE ENQUETE TRES COMPROMETTANTE


UNE ENQUETE TRES COMPROMETTANTE
Par Conscience et Résistance

28 Juillet 2005



Sur les dessous de l’attaque dite « terroriste » dans le Nord de la Mauritanie, la première investigation indépendante expose des faits très embarrassants pour le Gouvernement de ce pays, notamment ses rapports avec les extrémiste islamistes d’Algérie ( Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat GSPC ), comme en témoigne l’extrait, en page 22, note 52 :



« [1] Nous relatons ici la genèse de cette relation trouble :

Le 8 janvier 2004, le Général Moulaye Ould Boukhreiss, désormais à la retraite, quitte la ville minière de Zouérate, en direction de la frontière Nord Est ; l’accompagnent Messieurs Hadrami Ould Taya et Hacen Ould Ntahah, deux commerçants très introduits et protagonistes du trafic de cigarettes dans la région. Quelques jours auparavant, la mission était précédée de quelques éclaireurs, dont les ex capitaine Mohamed Mahmoud Ould Youba, adjudant chef Abbe Ould Bneïjara, sergent Ould Ebeïd Allah et l’adjudant Chef de police, toujours en activité, Mohamed Ould Mohamed Mahmoud.

Le premier convoi, équipé de véhicules tout terrain et de la plus récente technologie, se charge de sécuriser le périmètre du rendez-vous et y guider les deux parties.

La réunion se tiendra, enfin, le 12 janvier, au lieu-dit Hassi Elbared, à 30 Km de la localité d’EL Hank, en plein no man’s land. Y prirent part, côté salafistes algériens, Mokhtar Belmokhtar dit Belaouar et deux de ses collaborateurs non identifiés et, pour la partie mauritanienne, le Général Ould Boukhreïss, Messieurs Hadrami Ould Taya et Hacen Ould Ntahah. Depuis des mois, les deux derniers avaient, suffisamment, balisé l’ordre du jour, de sorte que la négociation ne dura quelques heures. Les termes en seraient les suivants:

- Le gouvernement de Nouakchott s’engage à fournir soutien financier et assistance logistique, aux groupes salafiste sous l’autorité de Belaouar, ainsi qu’asile à toute unité dont il attesterait l’identité. Cette dernière mention vise l’accord d’utiliser le territoire mauritanien, comme refuge et base arrière de ravitaillement.

- Les deux commerçants, à titre privé mais sous la caution du Général Ould Boukhreiss, seront, en Mauritanie, les pourvoyeurs exclusifs du GSPC, en armes, munitions et carburant, y compris à partir d’autres pays où ils disposent de relais. Enfin, ils gardent le monopole de convoyer, jusqu’à Belaouar, les subventions convenues avec les autorités de Nouakchott et, entre les deux parties, les échanges de courrier, d’information et de doléances.

- En contrepartie, le GSPC promet de :

* renseigner le partenaire mauritanien sur les positions et les mouvements des Cavaliers du Changement et de contribuer, sous garantie de rançon conséquente, à la capture de leurs chefs.

** ne pas prendre d’otages sur le sol de la Mauritanie, ni de les y conduire. »



Vous pouvez découvrir les liens connexes :



L’enquête intégrale (juillet 2005) :



http://www.conscienceresistance.org/memorandum_opposition_compl.htm



Mauritanie, Israël et le terrorisme introuvable (2005)



http://www.conscienceresistance.org/shalom.htm



Le Nord mauritanien à l’épreuve de la déconfiture (2004) :



http://www.conscienceresistance.org/nord_mauritanie.htm

26.07.2005

La premiere enquête Mauritanienne sur l'attaque de Lemgheity et la situation dans le pays



La premiere enquête Mauritanienne sur l'attaque de Lemgheity et la situation dans le pays
Par FMRD


Une enquête intitulée : "Impasse politique et réflexes sécuritaires
en Mauritanie - Comment fabriquer du terrorisme utile"
,
vient d'être publiée à l'initiative d'organisations mauritaniennes et de patriotes en exil.

Ce rapport de 35 pages met l'événement de Lemgheity en perspective et éclaire
ses zones d'ombres, révélant, dans le détail, pourquoi ce type
spécifique de violence rejoint la demande objective d'un pouvoir qui spécule, à tout prix,
sur le bouclier américain et l'indulgence des démocraties.
La tentative du régimpe de construire des liens entre les agresseurs présumés et le courant des réformistes musulmans - dont les leaders croupissent en prison depuis le 25 avril 2005 - procède de cette finalité mais ne résiste guère à l'épreuve du questionnement.

Organismes ayant approuvé ce rapport : PLEJ-France, FMRD, UFP-France, CR, GREM, AP, OCVIDH, OMDH, SOS Esclaves - Section Europe

Ci-dessous la synthèse du document (dont la version complète est
jointe en pdf)
=================================

La République Islamique de Mauritanie est gouvernée, d'une main de fer, depuis plus de 20 ans, par le Colonel Moawiya Ould Taya, parvenu au pouvoir après son
coup d'état militaire, du 12/12/84. Il n'a, alors, cessé d'invoquer des
dizaines de complots qu'il attribue, tour à tour, à ses opposants
les plus déterminés du moment.
Une politique marquée par les préoccupations sécuritaires lui aura
permis de détourner l'attention des problèmes structurels du pays et de
neutraliser ses adversaires.
Cette stratégie est constante. Seules les victimes changent :
quasiment, toutes les composantes de l'opposition, les ONG de défense des
droits de l'homme et la presse indépendante, ont été victimes, un jour ou l'autre, de ce réflexe coercitif, lequel s'appuie, à peu détails près, sur des formulations
similaires.
La violence de masse, contre les communautés négro-africaines, aura
été le fait dominant de ce règne, avec plus de 100 000 déportés, des
centaines d'exécutions extra-judiciaires et des dizaines d'assassinats, par mauvais
traitements lors de la détention ; certains rescapés ont déposé des
plaintes devant les tribunaux de Belgique et de France, contre les auteurs de ces crimes impunis.
Après s'être aligné sur l'Irak de Saddam Hussein, notamment
pendant l'invasion du Koweit, le Pouvoir a fini par se retourner contre les nationalistes
arabes, au profit des Etats-Unis et d'Israël, ses nouveaux protecteurs ; les relations avec la France, l'ancienne puissance coloniale, s'en sont détériorées.
Les volte-face diplomatiques du régime stimulent, dans de larges
couches de la population, un rejet sans équivoque. Depuis 1999, de nombreuses campagnes de répression découlent de cet enjeu, aggravé, il est vrai, par le népotisme, la
corruption et l'extrême pauvreté.
Cette enquête montre que la dernière vague d'inculpation et de
sévices, parmi les leaders du courant des Réformistes Musulmans, relève de la même logique,
faite de marginalisation et d'intimidation des contestataires ; elle n'a donc rien de singulier, dans un continuum de tortures, de tueries, d'emprisonnements et de procès d'opinion.
De surcroît, l'après 11 septembre 2001 et la nouvelle « guerre
contre le terrorisme » offrait, au régime déstabilisé, l'occasion de
s'attirer le soutien des Etats-Unis d'Amérique. A cet égard, il lui fallait justifier son calcul, par une vulnérabilité à l'extrémisme religieux , alors même, qu'en
Mauritanie, la foi et le culte se vivent dans la paix et une relative
tolérance. La famille des Réformistes Musulmans professe un discours égalitaire, rétif à l'usage de la force et foncièrement marqué
par l'attachement au pluralisme démocratique.
S'agissant du drame de Lemgheity - attaque revendiquée par le
Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC), qui avait occasionné la mort d'au moins 15 soldats Mauritaniens à la frontière extrême Nord-Est - le texte
établit les contradictions et les faiblesses de la thèse officielle ;

méthodiquement, il démontre que :
1/ Aucun rapport n'existe entre les assaillants et les Réformistes
Musulmans, à rebours des allégations du gouvernement mauritanien. Ni
l'instruction en cours, ni les déclarations des responsables politiques n'ont pu apporter,
jusqu'à ce jour, les fameuses preuves à charge.
2/ Les connivences avérées entre les organes de renseignement
mauritaniens et le GSPC expliquent que l'acte meurtrier de Lemgheity ait été l'objet d'une provocation délibérée ou d'une entente entre les deux protagonistes. Les jeunes « djihadistes », arrêtés au titre de l'accusation, ont été menés par
d'anciens indicateurs ou éléments des services de sécurité de
Nouakchott.
3/ L'agression intervient dans un contexte de fortes rivalités entre
les lobbies de trafiquants qui animent le commerce transfrontalier au Nord et prospèrent dans la périphérie du noyau central du Pouvoir. Il s'agit, essentiellement, de contrebande de cigarettes Marlboro, sur quoi les bandes
armées prélèvent des « taxes », en contrepartie d'une protection
des convois, vers le grand Sahara et le Sahel.
Le questionnement des informations brutes et surtout leur mise en
perspective, a permis la mise au jour de ces liens dissimulés. Des recoupements étranges, s'accumulent, le long du propos et prennent, au fil de la lecture, toute leur
signification.
La détermination des autorités mauritaniennes, à contraindre les
survivants de Lemgheity au silence, accentue les suspicions précitées.
Ainsi donc, en plus de sa commodité conjoncturelle, l'épisode sanglant de
Lemgheity, doit légitimer, à posteriori, la norme de 2003 portant
contrôle des mosquées et justifie, aujourd'hui, la toute neuve « loi
antiterroriste », qui restreint les rares libertés, dans un environnement déjà marqué par
la terreur d'Etat.
Sans crainte d'être démentie par des révélations ultérieures, la
présente investigation conclut que le pouvoir mauritanien, soit par sa police politique, soit par l'intermédiaire des contrebandiers influents, cherche à créer ou susciter des actes terroristes, sur son territoire. A ce jour,
l'attaque de Lemgheity, n'a fait l'objet d'aucune ouverture
d'enquête judiciaire ; elle s'inscrirait, surtout, dans un calcul, où seule compte la
détermination, à convaincre, les démocraties de l'Occident, de la
réalité d'un « péril islamiste » dans le pays.
Aussi, le texte met-il en garde, la communauté internationale et les
mauritaniens, contre le danger de ces montages et formule des
recommandations, afin de prévenir l'embrasement de la sous-région, à cause des impératifs de maintien d'une oligarchie minée par l'impunité, le tribalisme et
une gestion constamment autoritaire des contradictions.
Le propos s'achève par une adresse aux principaux partenaires de la
Mauritanie, pour qu'ils adoptent une véritable démarche de prévention de la guerre civile en incitant, fermement, les autorités de ce pays, à reconsidérer leur attitude de laxisme, envers des clans vecteurs d'enrichissement criminels, dont les énormes enjeux finiront par attiser les hostilités entre d'incontrôlables milices. La constitution d'une commission
d'enquête internationale sur les évènements de Lemgheity y contribuerait, de manière décisive.

--
Forum Mauritanien pour la Réforme et la Démocratie
http://www.isslah.net



24.07.2005

Mauritanie : Le dépôt de bilan



Mauritanie : Le dépôt de bilan

L’évolution de l’économie mauritanienne peut se lire à travers divers indicateurs de l’activité, même s’il faut relativiser le sens et la portée des chiffres dans un contexte où ceux-ci sont élaborés dans des conditions de finalité qui ne sont pas toujours convaincantes.
Malheureusement les chiffres disponibles, dans un marché où l’informel est la principale mesure des différentes activités, ne peuvent donner une lecture satisfaisante au regard de ce qui se fait dans les pays développés ; alors il serait illusoire de parler de statistiques et prévoir de plans d’orientation susceptible de mener une politique économique digne de ce nom.

Un démarrage difficile et des espérances déçues

A l’instar des pays émergents, la Mauritanie a connu des débuts prometteurs avec une industrie des mines rentables, des charges sociales faibles, voire inexistantes, et un taux de chômage nul. La limite du champ de vision politique des dirigeants de l’époque, des choix économiques discutables et la guerre du Sahara ont anéanti cet élan et ruiné les espoirs.

L’accession des militaires au pouvoir n’a pas non plus été une panacée. Dans leur quête de légitimité, ils ont généralisé la corruption, aggravé le népotisme et entretenu une clientèle au prix du sabordement du système bancaire avec une ardoise dépassant les 50 milliards d’ouguiyas dont les principaux bénéficiaires sont aujourd’hui connus.

La Mauritanie a découvert les plans d’ajustement des Institution Financières Internationales (IFI) avec l’accession de OULD TAYA au pouvoir. Ces mesures tristement célèbres par leur coût social ont achevé d’endetter le pays, déjà largement noyé par les choix de OULD HAIDALLA (Projet Guelb, usine de sucre, et raffinerie de pétrole). Les plans successifs des IFI ont permis de « distribuer » l’économie au secteur privé (bien choisis parmi les fidèles) et faire de l’Etat un squelette économique entouré de vautours.

Une évolution peu enviable

Aujourd’hui les principaux facteurs explicatifs de la situation économique demeurent les productions minières, agricoles, pêches et aides extérieures. (En attendant le pétrole). L’élément le plus inquiétant est sans doute la contre performance de la pêche, officiellement reconnue d’ailleurs, dont les recettes d’exportation auront atteints un niveau de baisse historique avec moins de 80 millions de dollars depuis le début des années 2000 contre plus de 130 millions de dollars en 1997 et 160 millions en 1996.*

Cette baisse considérable des recettes, en plus du fait qu’elle ait servi à financer un cercle de fidèles du pouvoir, ne reflète pas la réalité car une partie des exportations passe par des canaux frauduleux et souvent avec la complicité des pouvoirs publics. Le marasme que vit ce secteur menace non seulement la vie de milliers de gens mais aussi l’équilibre de l’environnement écologique du pays.

Contrairement au secteur de la pêche, d’autres secteurs ont connu une croissance plutôt réelle et il en est ainsi des mines où la SNIM (Société Nationale Industrielle et Minière) a enregistré un niveau d’exportation assez important ces dernières années mais il faut relativiser cette performance car elle reste inférieures aux revenus antérieurs.

La faiblesse de la pluviométrie portent à croire que les productions du secteur rural, constamment frappées de clientélisme et de mauvaises orientations, seront maintenus longtemps encore en deçà du niveau de 1997 qui était une année de référence.**

Il en est de même pour l’aide extérieure qui conditionne toujours une bonne partie du secteur du commerce et des services : le bâtiment, les travaux publics et autres services.

La politique économique officielle a maintenu le cap de la rigueur et de l’austérité imposée par les partenaires au développement dans le cadre du passage au PPTE puis à l’annulation de la dette récemment décidée. Là une énorme hypocrisie, à laquelle participent les bailleurs de fonds, est entretenue car tout le monde sait que les budgets publics n’ont que très faiblement progressé et cette manne financière participe surtout au renforcement de l’appareil sécuritaire du régime en place.

Les glissements monétaires successifs ont considérablement réduit le pouvoir d’achat des plus nombreux à cause entre autres des effets inflationnistes qu’ils engendrent. Les politiques ultra restrictives des institutions financières n’ont finalement pour résultat que de les aggraver malgré un effort pour les atténuer (qu’il faut parfois reconnaître).
Au cours des années écoulées, un ensemble de mesures ont été prises par la Banque Centrale de Mauritanie (BCM) : hausse des conditions de banques à des niveaux prohibitifs rendant le crédit inaccessible (taux d’escompte à 18%, taux de pension à 23% et taux d’intérêts sur clientèle à 28%) ***.
Dans ces conditions, il est simplement difficile, voire impossible, de faire de la banque dans des conditions normales ; Il est vrai cependant qu’en Mauritanie la banque est une affaire de mafias et un instrument d’enrichissement de quelques privilégiés souvent proches des services de renseignement. Pourtant, la banque est l’un des meilleurs moyens de création de richesse et le moteur du crédit et le crédit est le poumon de tout économie.

Les chiffres de l’inflation restent, malgré ce tableau, plutôt modérés si l’on en juge par les chiffres produits par les statistiques de l’Office National des Statistiques (ONS) confirmés par les bulletins du FMI et la mission de la BIRD en Mauritanie. (Soit un taux autour de 9% depuis trois ans).

Les perspectives

Si les années passées ont été médiocres sur le plan économique, force est de reconnaître que les perspectives d’avenir ne semblent guère brillantes et ceci malgré la hausse considérable du SMIC et les royalties que les autorités vont tirer de l’exploitation du pétrole.

En effet, rien de fondamentalement nouveau ne pousse à l’optimisme : les effets déflationnistes, s’ils étaient maintenus comme cela semble envisageable, risquent de compromettre l’investissement privé et donc toute chance de croissance.
La corruption généralisée, le laxisme des pouvoirs publics, la fraude vertigineuse au fisc et le délabrement du système douanier confirment la déliquescence générale et la récession comparable au Zaïre de Mobutu.

Le secteur de la pêche et de l’agriculture connaissent des problèmes si complexes qu’il ne sera pas possible d’en venir à bout dans moins d’une génération en cas de changement de régime. Les prix des minerais de fer sur le marché international, malgré une bonne saison chinoise, pourraient connaître de légères baisses pour les années à venir.

Triste bilan pour un pays de moins de trois millions d’habitants, non dépourvus de richesse et obligé de quémander l’aide extérieure pour maintenir une situation de plus en plus impopulaire et incertaine.
Au plan politique, il faut ajouter à ces « performances », l’acharnement sur des religieux accusés de militantisme Salafiste, terme inconnus jusqu’alors en Mauritanie. La sclérose de la scène politique ne peut qu’être un facteur aggravant de la crise économique. Les orientations politiques choisies seront sans doute dévastateurs dans le proche avenir


Jemal OULD MOHAMED



* source : Bulletin de la BCM
** source : BCM / ONS / Statistiques agricoles
*** source : The Economist Intelligence Unit (EIU)

19.07.2005

FONADH : Communiqué de presse Document transmis par Maître Brahim Ould Ebety



chers amis
j'ai l'avantage de vous tenir le communiqué de presse rendu public lors de la conférence de presse du FONADH tenue le retour des avocats Mes Brahim Ould Ebety et Fatimata M'baye à Nouakchott après avoir pris part au procès de ELY ould Dah tenu à Nime dans le sud de la France, torture qui demeure malheureusement un fait d'actualité en Mauritanie en ce sens qu'il est le lot
quotidien dans les commissariats de police et singulièremnt à l'école de police alors que notre pays
a ratifié depuis le 27 novembre 2004 la convention contre la torture dite convention de New York
Tout en espérant que notre action de tous les jours contribue dans la lutte contre la torture, nous
restons disposés à y contribuer avec toutes les bonnes volontés tant nationales qu'internationles pour éloigner de notre pays cette triste paratique bannie par tous les pays y compris le nôtre depuis qu'il a ratifié la convention contre la torture

Me BRAHIM OULD EBETY


Communiqué de presse

En dépit de la loi d'aministie prise en 1993 pour mettre à l'abri des poursuites les auteurs des infractions commises au sein des garnisons et régions militaires au cours de la période 1990 – 1991 , la Commission Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples – instance créée par la Conférence de Chefs d'Etats de l'Union Africaine – décidait lors de ses assises d'Alger 2000 qu' « il y a eu en Mauritanie au courant de la période 1989 – 1992 des violations graves et massives des droits de l'homme » et recommandait par voie de conséquence la constitution d'une commission d'enquête pour identifier les coupables à l'effet de les sanctionner et l'indeminisation des victimes et aujourd'hui la cour d'assises du Gard en son audience tenue à Nimes dans le sud de la France condamnait l'officier Ely Ould Dah au maximum de la peine pour fait de torture après qu'il ait été arrêté et le dossier instruit avant sa fuite du territoire français dans des conditions obscures au moment où il était en liberté provisoire avec obligation de deumeurer à sa réisdence désignée en attendant la clôture de l'instrcution ou éventuelelment le procès .

Avant la saisine de la Commission Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples et du Procureur de la République près le tribunal de Montpellier, les avocats des veuves avaient saisi le Président de la République en octobre 1993 pour lui demander d'user de toutes ses prérogatives pour éviter que les auteurs des tristes événements de la période 1990 – 1991 ne soient l'objet de poursuites devant les juridictions des pays ayant ratifié la convention contre la torture, dite convention de New York .

Mais malheureusement aucune suite n'a été donnée à l'appel des avocats et même les victimes qui avaient soumis aux Pouvoirs Publics la décision et les recommandations de la commission n'ont enregistré aucune suite, si ce n'est la consécration de l'impunité devenue une autre valeur au mépris des droits des victmes largement protégés tant par la législation nationale que les conventions internationales ratifiées par notre pays .

Si en vertu de la loi d'amnistie la législation nationale ne permet pas la poursuite en Mauritanie d'auteurs de telles infractions ( crimes de torture ) aussi graves, les conventions internationales, en consacrant la compétence universelle, permettent aux victimes de faire recours aux juridictions des pays ayant ratifé la convention contre la torture avant la commission des faits incriminés et comme la France a ratifié cette convention en 1987 et que les faits objet des poursuites ont été commis en 1990 et 1991 et comme les juridictions françaises ont l'obligation de connaître tout fait de torture devant elles dénoncé et qui a eu lieu après la ratification, les juridictions françaises ne peuvent qu'accepter de connaître des poursuites demandées par les parties civiles .

S'agissant de l'amnistie de 1993 et de l'applicabilité de la loi mauritanienne aux faits incriminés, de tels arguments ne sont point oppérents devant les juridictions françaises comme l'a si bien jugé la chambre criminelle de la Cour de Cassation française dans l'arrêt de rejet du pourvoi en cassation formulé par Ely Ould Dah aux motifs qu'ils ne sont recevables que devant les juridictions mauritaniennes et c'est la raison pour laquelle, la compétence universelle a été édictée et aujourd'hui consacrée par la cour d'assises du GARD .

Quant à la precription des poursuites contre Ely Ould Dah, la Cour de Cassation française avait jugé que « si les tortures et actes de barbarie ont été érigés en crime autonome par le code pénal entré en vigueur en 1994, ils n'en constituaient pas moins, sous l'empire du droit antérieur, une circonstance aggravante des crimes et des délits, ayant notamment pour effet de donner une qualification criminelle aux violences prévues par le code pénal en les réprimant de cinq à dix ans de réclusion criminelle, qu'en conséquence, les faits reprochés à Ely Ould Dah, qui constituaient déjà des crimes au jour de leur commission, en 1990 et 1991, et qui ont été dénoncés en 1999, ne sont pas préscrits »

C'est alors à l'honneur de la Justice Française sur laquelle le pouvoir exécutif n'a aucune mainmise en vertu du principe sacré – pourtant écrit dans notre constitution – de séparation des pouvoirs que le droit a été dit en jugeant sur la base des principes édictés par la convention contre la torture consacrant ainsi la compétence universelle par laquelle – au bonheur des victimes – les tortionnaires se trouvent désormais persécutés et menacés de toute forme de poursuite par les juridictions des pays qui ont ratifié la convention contre la torture et la Mauritanie en fait partie depuis le 27 novembre 2004

Ces données jurisprudentielles fortement conçues et argumentées ouvrent une ère nouvelle dans le combat permanent de tous les militants des droits de l'homme contre l'impunité sous toutes ses formes et dans tous les pays du monde

Devant cette situation caractérisée par cette évolution remarquable de la lutte contre l'impunité, le FONADH saisit cette opportunité

– Pour confirmer la justesse de son combat contre l'impunité,sa solidarité agissante avec toutes les victimes de l'impunité comme il adresse ses félicitations à toutes les victimes de torture pour le succés ainsi enregistré dans leur combat ainsi qu'aux organisations des Droits de l'Homme qui les ont soutenues pour que leur cause soit entendue

– Et lancer un Appel pressant aux Pouvoirs Publics pour mettre en application la décision et les recommandations de la Commission Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples prises lors de la session d'Alger tenue en mai 2000 et prêter main forte à l'exécution de l'arrêt de la cour d'assises du Gard siégeant à Nimes rendu le 01 juillet 2005 et portant comdamnation de Ely Ould Dah à 10 ans de réclusion criminelle pour faits de torture .

Nouakchott le 14 juillet 2005

Forum des Organisations Nationales des Droits de l'Homme ( FONADH)

17.07.2005

Passe d'armes au Parlement



Passe d'armes au Parlement

1) Le régime vient de promulguer et faire « voter», en catastrophe, par les chambres d’enregistrement une nouvelle «loi anti-terroriste », qui vient renforcer un arsenal de répression, déjà surdimensionné.
Lors d'un débat (de façade) sur cette loi, Une véritable passe d’armes a eu lieu au parlement entre le ministre de l’intérieur et les quelques députés de l’opposition qui siègent à l’assemblée dont MM. Messoud O. Belkheir (APP),
Moustapha O. Bedreddine (UFP), Mohamed Mahmoud Ould Lemmatt (RFD) et M. Diawara Gagny (PCD), qui en ont dénoné le caractère pour le moins liberticide.

Le député de Seylibaby, Monsieur Diawara Gagny lança au ministre : «ce sont l’extrémisme du pouvoir et sa dérive autoritaire qui littéralement terrorisent la population », et le député d’ajouter « le Cheikh Dedow est le symbole de la modération, il est victime d’une dictature obsédée par la violation des libertés … Le terrorisme c’est bien ce que pratique le pouvoir à l’encontre des citoyens ; le jugement rendu en France dans le procès de l’officier Ely Ould Dah est un témoignage des plus éloquents sur la brutalité de ce régime et son extrémisme» .
Le ministre de l’intérieur, lâchant sa colère, a alors menacé l’élu en des termes à peine voilés : « celui qui tient de tels propos ne mérite pas d’accéder au parlement ».

Rappelons que la révocation par le pouvoir exécutif des mandats électoraux des élus du peuple est une simple formalité en Mauritanie.(cf le cas de M. Jemil Ould Mansour, maire déchu de la commune d'Arafat)
http://www.isslah.net/modules/news/article.php?storyid=2217

Rappelons que le collectif des avocats de la défense, avait dénoncé les accusations du ministre de l'intérieur à l'encontre des réformistes emprisonnés, lors d'une conférence de presse qu'il avait tenu vers la fin juin.
Selon eux, le ministre de l'intérieur a « fait fi de l'indépendance de la justice, du secret de l'instruction et de l'obligation de réserve en se livrant à un véritable réquisitoire contre les détenus et en citant nommément
quatre d'entre eux ». Ils avaient également dénoncé l’intervention télévisée du directeur régional de la sûreté de Nouakchott et ironisé sur ces « sorties musclées » dont la conséquence « est le changement de nature et de la portée des faits reprochés à leurs clients. Ainsi de "diriger une association non autorisée et commettre des actes susceptibles d'exposer la Mauritanie à des représailles ", les autorités sont passées aux accusations "d'assassinat, empoisonnement collectif, terreur généralisée dans tout le pays!" ».

Le montage de la police politique qui avait suscité aussi bien l'indignation au sein de la population et soulevé un tollé chez les opposants qui sont unanimes à dénoncer les amalgames orchestrés par le pouvoir, a également été
tourné en dérision par la presse, à titre d'exemple voila ce qu'en dit le journaliste Bâ Adama Moussa du Calame (N° 494) : « Comme preuves "accablantes" contre ce groupe, le ministre a présenté une pile de documents (rédigés en anglais) relatifs à la fabrication des explosifs, l'exercice des arts martiaux et, enfin, un document contenant les photos et fonctions d'un certain nombre de personnalités nationales de tous bords politiques. Ces documents seront commentés longuement à la télévision par le directeur régional de la sûreté à Nouakchott. Ni l'un, ni l'autre n'ont convaincu… Collecter des informations disponibles sur le Net et les relier, voilà qui ne prouve absolument rien. Je me suis amusé à demander au moteur de recherche (…) Google, des informations sur la "fabrication d'explosifs", il m'a fourni 12 800 fenêtres… »


2) Le feuilleton de la torture continue - Ah si le ridicule tuait!

Après l'épisode de torture subie par 2 prisonniers extraits illégalement de la prison centrale par la police politique, et dont les aveux extorqués sous la contrainte ont été aussitôt dénoncés par les intéressés eux-mêmes et rendus publics par les avocats ; après ce fiasco total, un nouveau fiasco qui semble avoir une portée diplomatique avec notre voisin algérien éclate maintenant : Un Algérien résident en Mauritanie depuis 13 ans et mariée à une mauritanienne est détenu par la police et subit d'insoutenables actes de torture aux fins de
lui soutirer, lui aussi, des aveux.

L'ambassade d'Algérie, persuadée de l'innocence de cet individu, est montée au créneau et a envoyé une lettre de protestation au ministère des affaires étrangères. L'ambassade Algérienne qui a dépêché un avocat affirme detenir des informations certaines concernant la torture subie par leur compatriote dans le commissariat El Mina.
Lire : http://www.alakhbar.info/page1.php?id=3564&catid=2(arabe)

Le cas de cet Algérien n'est pas sans rappeler le drame de feu Mamadou Saliou Diallo d'origine guinéenne mais résident en Mauritanie et mariée à une mauritanienne.
Mort sous la torture, les autorités ont affirmé tout bonnement que la victime s'était suicidée!
Et comme pour atténuer la gravité de la bavure il martelait qu'il était Guinéen, ce qui en dit long sur leur mépris de la vie humaine.
Qui expliquera donc à ces irresponsables la sacralité de la vie, que la personne soit maure ou négro-africaine, mauritanienne ou de nationalité étrangère, elle reste d'abord une personne dont les droits élémentaires ne
peuvent être aliénés.

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Forum Mauritanien pour la Réforme et la Démocratie
http://www.isslah.net

Mauritanie : Nouvelles arrestations dans les milieux islamistes



MAURITANIE - Troubles à l’ordre public : Nouvelles arrestations dans les milieux islamistes

La Police mauritanienne a arrêté en début de semaine à Nema, ville située à 1 200 km au sud-est de Nouakchott, deux individus réputés proches des milieux islamistes pour «troubles à l’ordre public».

Selon l’hebdomadaire «L’Authentique», qui rapporte ces faits dans son édition parue jeudi à Nouakchott, les deux hommes, Mahfoudh Nagi Ould Babah et Seydina Ali Ould Beibaty, exercent les fonctions d’imam.

Arrêtés pour avoir animé des prêches dans leurs mosquées, MM. Ould Baba et Ould Beibaty, qui sont membres du groupe Prêche-Prédication-Daawa, continuent d’être interrogés par les services régionaux de la sûreté de Nema.

«L’Authentique» précise en outre que l’arrestation des deux imams fait suite à une rafle opérée il y a quinze jours dans les mêmes milieux, «plusieurs autres activistes du même groupe» ayant déjà été transférés à Nouakchott.

Toutes ces arrestations interviennent à un moment où l’on évoque, dans certains milieux bien informés de Nouakchott, l’éventualité de l’élargissement de certaines figures islamistes ayant toujours proclamé leur attachement aux principes démocratiques et leur rejet de la violence.

Pana

15.07.2005

Le RFD pour la création d'une Commission électorale indépendante



Le RFD pour la création d'une Commission électorale indépendante
Source : (Mauritanie-web.com)


(Mauritanie-web.com) - Le président du Rassemblement des
forces démocratiques (RFD, opposition), Ahmed Ould Daddah, a
réclamé la création d'une Commission nationale électorale
indépendante, à l'instar de ce qui existe au Mali, au Sénégal et
un peu partout ailleurs, mercredi après midi, au cours d'un point
de presse.

Le point de presse du RFD était consacré aux commentaires des
décisions et recommandations issues de la réunion tenue le 11
juillet dernier par le comité de suivi des résultats du forum sur
les valeurs démocratiques (réunissant les forces politiques, la
société civile et la presse) qui s'est déroulé les 11 et 12 avril
2005.

Le président du RFD estime que l'outil électoral réclamé est le
seul capable "de donner la transparence souhaitée dans le cadre
des futures consultations électorales".

Ahmed Ould Daddah a révélé que les représentants du Parti
Républicain, Démocratique et Social (PRDS, au pouvoir), ayant
pris part aux dernières assises du comité de suivi se montrent
réticents par rapport à cette proposition, estimant que "le
système actuel garantit la transparence".

Considérant que la Mauritanie connaît "une situation grave sur le
plan de la stabilité et de la sécurité", au vu d'un certain
nombre d'événements enregistrés entre 2003 et 2005, données
aggravées par le contexte africain, arabe et international, le
premier responsable du RFD s'est prononcé en faveur de mesures
et de réformes "urgentes" sur les plans politique et de la
gestion économique du pays.

Il a notamment rappelé les problèmes liés aux "douloureux
événements de 1989-1991 (différend opposant le Sénégal à la
Mauritanie), de même que l'esclavage et l'élargissement du débat
politique", exigent des solutions justes pour "l'émergence d'une
conscience citoyenne et responsable".

Estimant que la balle est maintenant dans le camp du pouvoir et
que des propositions concrètes, "recommandations et suggestions
du forum" allant dans le sens des intérêts supérieurs de la
nation lui ont été soumises, Ahmed Ould Daddah a annoncé que le RFD
va "marquer une pause dans les discussions" au sein de cette
structure pour voir la réaction des autorités. Mauritanie-web.com



Sur http://www.mauritanie-web.com, l'information en continue.


13.07.2005

Les tortionnaires Mauritaniens dans le collimateur du Droit humanitaire



Les tortionnaires Mauritaniens dans le collimateur du Droit humanitaire
Par Observatoire mauritanien des droits de l’Homme


Observatoire mauritanien des droits de l’Homme

8 juillet 2005

Communiqué

Les tortionnaires Mauritaniens dans le collimateur du Droit humanitaire

Le procès d’Ely OULD DAH fut un moment véritablement exceptionnel et inoubliable. La densité, la gravité et la précision des témoignages n’avaient d’égal que la dignité, la profondeur et l’humanisme des victimes.

Le témoignage de Daouda DIA est d’une précision et d’une pénétration particulièrement rares et poignantes. On comprend à l’écouter le sentiment de devoir que les rescapés ressentent à l’égard de ceux qui y ont laissé leur vie. S’ils ont échappé à la mort, c’est qu’il y a une raison ! Cette raison d’être de survivant est justement de jeter toute la lumière de leur témoignage sur les sinistres camps de la mort.

Le procès d’Ely O. DAH est une victoire hautement symbolique dans cette quête de vérité que mènent les victimes et ceux qui les soutiennent. Ce procès est également une victoire de toute l’Humanité qui, au-delà des frontières nationales, a su rendre un brin de justice à l’humanisme bafoué des victimes. Ousman DIA, une victime à l’état pur, lâchera dans un saisissant moment de vérité devant la cour : « Je suis devant vous, mais je ne suis plus une personne ». Cette profonde conscience, que l’Humain en lui n’est plus, nous renseigne sur les véritables proportions du désastre affectif qu’opère la barbarie sur la psychologie des victimes. Certaines victimes de la torture ont ainsi le sentiment que l’Humain en eux a été tué et qu’ils ne sont donc plus des personnes ! Il y a là une indéniable légitimité au Droit humanitaire et à la compétence universelle comme instruments dissuasifs de protection de l’humanisme des humains.

Il ne s’agit pas seulement de rendre justice aux victimes Mauritaniennes, mais de prévenir les atrocités de cette espèce partout dans le monde. Cette lutte n’est alors plus seulement celle des victimes. Mamadou Yousouf DIAGANA fera d’ailleurs remarquer lors de son témoignage devant la cour que la salle du tribunal est peuplée d’une présence multicolore.

L’Observatoire mauritanien des droits de l’Homme, dont les raisons d’être le positionnent résolument du coté des opprimés :

- Réaffirme son soutien inconditionnel des victimes ;

- Salue la dignité et l’honneur des victimes qui, malgré la douleur du passé, gardent la mémoire intacte et luttent pour que vérité et justice triomphent ;

- Appelle à une enquête indépendante sur ces atteintes graves aux droits humains afin que les familles puissent enfin faire le deuil des leurs.

Observatoire mauritanien des droits de l’Homme
8 juillet 2005

Pour plus d’information vous pouvez contacter :

La Présidence : shinqiti2002 at yahoo.com, 0018067917685

Le Secrétariat Général : mohamed_aly_louly at yahoo.com, 0033611127430

Site Web: http://almarsad.org/

Fax : 0049-40-23934767

L’Observatoire mauritanien des droits de l’Homme (OMDH) est une institution indépendante qui œuvre pour la promotion de la liberté et la défense des droits humains en Mauritanie. Cet Observatoire, déclaré en France comme Association Loi 1901, a été fondé par des intellectuels Mauritaniens résidants en Europe et en Amérique du Nord.

L’en deçà et l’au-delà de l’affaire ELY OULD DAAH



L’en deçà et l’au-delà de l’affaire ELY OULD DAAH
Par Moulaye Dioum

L’arrestation D’ELY OULD DAAH, sa fuite, son procès aura permis de tirer beaucoup d’enseignements.

1. La diplomatie

Cette arrestation a sonné le glas de la rupture diplomatique entre la France et la Mauritanie ; rupture qui s’est traduite par la fin de la coopération militaire entre les deux pays. Habitué à déléguer sa sécurité à une puissance étrangère pour ne faire les frais d’un coup d’Etat, le dictateur de Nouakchott s’est senti obligé de courtiser les Etats-Unis d’Amérique par le biais de la réconciliation avec Israël. Un tel virage diplomatique était perçu par nos compatriotes Arabo-berbere comme un attentat contre leurs identités mais également comme un sacrilège. C’est d’ailleurs cela qui a conduit à l’insurrection démocratique du 08 juin 2003. A ce titre, il faudrait remercier l’action de l’opposition mauritanienne de l’extérieure (en particulier les plaignants) qui, en dépit des dissensions internes, a pu sauvegarder l’essentiel de ce qui la caractérise : l’esprit démocratique, le combat contre les forces de l’obscurantisme et du mal. Ce qui la rend crédible.

2. Crédibilité

L’opposition virtuelle qui a fait de l’opposition radicale leur « ennemi public numéro un » se trompe d’adversaire et a été démenti par les 24 chefs d’accusation lus par le procureur général avant la délibération du procès.

En revanche, c’est l’opposition véritable qui sort grandi de ce procès. Car tout ce qu’elle a dit des années 60 jusqu’au vendredi 01 mai 2005 a été confirmé par le procureur général mais également par tous les témoins de toutes les communautés mauritaniennes. De DIAGANA IBNOU à AHMED BABA en passant par les avocats qui ont fait l’honneur de la Mauritanie : Maître EBETY et MBAYE. Au-delà D’ELY OULD DAAH c’est tout le régime et son système qui ont été jugés et condamnés et mis sous mandat d’arrêt international. Aujourd’hui, la peur a changé de camp. Ce sont les tortionnaires et corrompus de toute la Mauritanie qui tremblent.

3. L’esprit de Nîmes

De notre départ pour Nîmes jusqu’à notre retour, c’est l’ambiance d’une équipe sûre de gagner le lendemain d’une finale de coupe du monde de football qui a prévalu.

C’est surtout l’atmosphère d’une Mauritanie unie derrière une cause qui m’a le plus marqué. J’ai compris que les mauritaniens ne sont pas en conflit c’est le régime de Taya qui est en conflit avec les Mauritaniens. Le fait d’avoir partagé ce moment historique avec TOURE MOKHTAR, OUL LOULY, SENGHOTT, m’a renforcé dans cette conviction. Cela a surtout été l’occasion de débats divers et intelligibles: de la religion à l’homosexualité, de la qualification de l’équipe mauritanienne à la coupe du monde de football au non sens de la vie. Nous avons refait le monde en somme.

Ce moment a été un pur instant de libération sur le plan émotionnel. Le témoignage de DIA a marqué toute l’audience. Lorsque j’ai vu les pleurs de MAMADOU BOCAR et de OULD LOULY qui étaient assis près de moi et entendu les sanglots du capitaine KEBE, je me suis rendu compte que les années 87, 89, 90-91 sont celles du summum de la barbarie.

Les témoins ont surtout insisté sur deux problématiques qui doivent attirer l’attention des intellectuels mauritaniens : le plaisir de tuer et l’intelligence au service de la cruauté. N’oublions pas que ce sont les intellectuels qui ont théorisé les plus grandes tragédies de l’histoire : le fascisme de MUSSOLINI, nihilisme de NIETZSCHE, le totalitarisme hégélien, le nazisme hitlérien, le franquisme, l’ivoirité, le somozisme, stalinisme, Paul pot et les Khmers rouge, machiavélisme, le baasisme, et nassérisme mauritanien.




4. Perspectives.

L’après ELY OUL DAAH devrait déboucher sur la refondation des forces de l’opposition. Les partenaires de l’opposition doivent apprendre à se respecter s’ils veulent continuer à gagner les batailles à venir.

L’après Ould Daah doit aussi nous permettre de marquer une pause et faire le bilan et l’inventaire du combat de l’opposition de l’indépendance jusqu’à nos jours pour dégager un projet cohérent et à même de mobiliser les masses mauritaniennes longtemps brimées.

L’opposition réelle doit davantage se radicaliser pour mettre le régime de TAYA à genoux. Le verdict du procès l’autorise à user de tous les moyens pour abattre cet odieux système. Ceux qui sont au sien du système et qui fournissent à l’opposition radicale des renseignements doivent continuer leur travail même si l’entrisme est difficile et périlleux. L’heure de la victoire approche.

L’opposition doit ouvrir des perspectives aux tortionnaires qui voudraient revenir dans son camp. Par exemple, si un certain GABRIEL Saint Père acceptait de prendre la tête d’une rébellion ou rejoindre les cavaliers du changement, se serait peut être acceptable et cette action serait mise sous le vocable du plaidé coupable.

Surtout éviter toute ouverture politique qui tournerait autour du dialogue avec le Colonel TAYA ce qui ne serait qu’une stratégie de périnisation de son pouvoir.

Moulaye Dioum

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