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13.04.2008
Comment Marouve a été arrêté

L’arrestation surprenante de Marouve Ould Haiba constitue un fait important dans les opérations de recherche menées par la police, visant à démanteler les cerveaux présumés du groupe terroriste en Mauritanie, même si cette capture n’a pas officiellement été assortie d’une récompense pour son auteur, ou toute autre personne qui donnera des informations utiles.
L’homme supposé être le pivot de la bande, arrêté le vendredi 10 avril, était en cavale depuis l’attaque meurtrière contre les touristes français à Aleg. Contrairement aux informations qui attribuaient son arrestation à un officier de la garde, le vrai instigateur de sa capture s’avère bien être un chauffeur de taxi. Javar Hamel Simbin Bâ nous livre dans le témoignage ci-après comment il a réussi à neutraliser un homme dangereux. Récit d’un exploit qui mérite une récompense…
"Je m’appelle Javar Hamel Simbim Bâ, natif de Bourguina (Kiffa) en 1980. La capture de Marouve Ould Haiba a eu lieu le vendredi 10 avril aux environs de 12 heures. Je sortais à pied d’un garage mécanique où je faisais l’entretien de mon taxi, quand j’ai aperçu un homme habillé en saroual basin bleu et une chemise courant à vive allure et poursuivi par un groupe de jeunes. Quand le fuyard passa à côté de moi, j’entendis des mots du genre, prenez-le, c’est un assassin en fuite.
Je me lance à mon tour à sa poursuite et le pris par derrière le col de la chemise et il se mit à se débattre de toutes ses forces pour se soustraire de mon étreinte. Quand la foule s’est formée autour de nous, certains voulaient le lyncher, le prenant pour un meurtrier qui vient de commettre un crime dans le quartier de la Socogim sans même s’assurer de la véracité de l’acte.
Grâce à l’intervention d’un homme d’âge mûr qu a dissuadé les gens, la foule s’est un peu ressaisit. C’est alors qu’il déclara à la surprise de tous, en tapant fortement sa poitrine : sachez que je suis Marouve Ould Haiba, l’auteur de l’attaque d’Aleg. La confusion était totale ! La nouvelle arrive à la police. Je continuai à l’aide d’autres personnes à le tirer jusqu’à la proximité du commissariat du Ksar, Socogim PS. C’est alors que deux policiers le conduisirent au commissariat et un troisième braqua sur lui une arme.
La capture proprement dite, l'apaisement des jeunes emportés, l’arrivée de la police, le tout aurait duré environ 10 minutes. Les habits que Marouve avaient abandonnés (une djellaba et une robe) furent aussi remis à la police. Ma surprise était grande quand la police se mit à nous brutaliser en nous sommant de quitter alors que sans moi Marouve allait échapper à cette capture. Est-ce une récompense de la part de citoyens qui ont mis à prix leur vie pour servir la nation ?
Ma deuxième surprise c’est d’entendre que c’est un officier de la garde qui est l’auteur de cette capture. Je pense qu’il est nécessaire de clarifier les choses. Tous ceux qui étaient venus ce jour-là, savent bien que je suis l’auteur de la capture de Marouve...Et je le dis modestement, mais fièrement"
Marouve, sous les verrous
Pendant que la traque policière se poursuit activement pour arrêter la bande de Ould Sidina en cavale et au moment où les avis de recherche continuent d’être diffusés à la télévision nationale, Marouve Ould Haiba, l’un des présumés tueurs des touristes français a été capturé comme un caïman loin d’une lagune. Ce cerveau du mouvement salafiste en Mauritanie avait réussi à brouiller toutes les pistes et a pu regagner le pays sans éveiller le moindre soupçon.
C’est le vendredi 10 avril aux environs de 12 heures que Maarouve a été arrêté dans le quartier de la Socogim PS alors qu’il s’apprêtait à prendre un taxi. Déguisé en femme et drapé d’une djellaba, un simple échange de mots avec le chauffeur de taxi, aurai suffit par révéler son identité masculine. Maarouve tentera alors de se soustraire des regards d’une foule qui commençait à se former. L’étau se resserra autour de lui.
Contrairement à ce qui circulait, il ne dissimulait aucune arme sous ses habits, raison qui explique sa capture sans grande peine, ni résistance. Un duel s’engagea entre lui et un taximan qui arriva à l’immobiliser sous les yeux médusés d’une meute de curieux alertés par la nouvelle. Dans la mêlée, un élève officier de la garde se réappropria l’exploit du chauffeur avant que la police ne vienne se lancer avec rage sur un homme devenu facile à ligoter.
Marouve dépossédé de son argent
Au moment où se déroulait la bataille pour mettre Marouve hors de tout état de nuire, un profiteur plongeât sa main dans la poche du saroual du travesti vestimentaire pour s’emparer d’une somme importante d’argent. Dans la confusion, le détrousseur se fondit dans la nature. S’avouant vaincu, sachant que sa cavale a pris fin, le salafiste n’opposera aucune résistance. La police le conduisit sous une haute sécurité vers une destination inconnue.
Aussitôt, la nouvelle de sa capture fit le tour de Nouakchott. Les commentaires et supputations allaient se poursuivre. Dans la même soirée, des rumeurs ont fait état de la fuite de Marouve Ould Haiba. Ce que les autorités judiciaires finiront par démentir systématiquement.
Découvert d’une cache d’armes et d’explosifs
Le vendredi 10 avril a été aussi un jour très chargé pour les services de sécurité qui n’en finissaient pas d’essuyer des revers des bandes salafistes. Une importante quantité d’armes automatiques, des munitions et des explosifs prêts à être utilisés ont été découverts dans deux villas mitoyennes aux lieux des accrochages entre les islamistes et les forces de sécurité. Le matériel dangereux avait été abandonné, une bonne partie avait été minutieusement enfouie dans une réserve d’eau.
La bande de Ould Sidina se préparait vraisemblablement à commettre des attentats monstrueux dans le pays. Certaines ambassades occidentales étaient semble t-il visées par les frappes terroristes dont le moment d’exécution était presque proche, si le réseau n’était pas démantelé in extremis. Cette quantité de matériel destructeur qui n’avait pas au départ attiré la moindre attention de la police, très occupée à retrouver les fugitifs, pouvait toujours être employé par des présumées bandes salafistes que les forces de sécurité n’arrivent pas à circonscrire et décapiter.
Décédé
Ahmed Ould Radhi, l’’un des principaux combattants djihadistes salafistes, grièvement blessé, après les violents accrochages du lundi dernier entre les forces de sécurité et les retranchés islamistes avant d’être admis à la réanimation à l’hôpital militaire, est décédé hier. Les médecins ont déployé d’énormes efforts pour le sauver.
Les services de sécurité et de renseignement comptaient beaucoup sur son rétablissement pour obtenir des informations utiles qui peuvent les aider pour démanteler le réseau islamiste dont les principaux cerveaux, par leur volatilité et discrète mobilité dans la capitale sèment la panique parmi les populations.
Cheikh Tidiane Dia
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