07.04.2008
Interview du Président Ahmed Ould Daddah avec le quotidien El Elmel
Interview du Président Ahmed Ould Daddah avec le quotidien El Elmel El Jedid du 03/04/2008 VIA Cridem
El Emel El Jedid : A quelle époque remonte le début de votre vie active et votre exercice de la politique?
Ahmed Ould Daddah : Ma prise de fonction remonte à la fin de l’année 1967, date à laquelle je suis rentré de mes études. J’ai d’abord commencé ma carrière comme fonctionnaire modeste au cabinet économique et financier du président de la République. En réalité je suis passé par plusieurs étapes tout d’abord; comme conseiller économique et financier du chef de l’Etat au milieu de l’année 1968, puis comme Secrétaire exécutif de l’Organisation des Etats riverains du Sénégal (OERS qui deviendra plus tard l’OMVS). C’est lors de mon passage à cette organisation, que les études des barrages de Diama et de Manantali ont été finalisées, que les études des volets aménagement de l’irrigué et celui de la navigation ont été sérieusement entamées.
C’est aussi à cette période que s’était tenue la première réunion des bailleurs de fonds en février 1971 à Dakar, un mois avant que je ne quitte l’organisation à la mi-mars, pour devenir Directeur général de la SONIMEX. J’ai par la suite conduit le groupe qui a négocié avec la France la révision des accords de coopération qui nous liaient à cette ancienne métropole et ce, dans tous les domaines (politique, économique, culturels et militaire).
Cette révision était souhaitée par le gouvernement mauritanien. J’ai aussi dirigé l’équipe qui a préparé la création de la BCM et la monnaie nationale et qui a par la suite piloté la mise sur pied de l’administration de la BCM, pour laquelle je fus le premier Gouverneur. J’ai occupé ce poste pour tout en mandat de cinq ans, avant de devenir ministre des finances et du commerce, juste quelque temps avant le coup d’Etat de juillet 1978. Durant toute cette période, je n’ai jamais exercé la politique, parce que je sentais que j’assurais des postes à caractère techniques, et dans mon esprit celui qui assure le service de sa patrie, et excelle dans sa fonction, avec intégrité et compétence technique, constitue la meilleure façon d’exercer la politique.
Mon expérience va par la suite me servir de leçon, c'est-à-dire qu’il sera effectivement clair pour moi au fur et à mesure, en constatant que tout ce que je viens de soulever est important dans un état qui a pu atteindre le perfectionnement en démocratie, dans la prévalence du droit et dans l’alternance pacifique. Mais, dans un Etat arabe et africain comme la Mauritanie, le capital technique, professionnel, la compétence, l’intégrité, la carrière ou l’expérience sont des aspects peu considérés.
En ce qui concerne la politique, on peut dire que je l’ai commencé avec l’arrivée du régime militaire. Je l’ai exercé tout d’abord de manière passive ou silencieuse pendant 13 ans de 1978 à 1991, dont cinq ans entre la prison et la résidence surveillée. Pour ce qui est de l’exercice politique au grand jour, et pour lequel je me suis entièrement consacré, on peut dire que je l’ai commencé à partir de décembre 1991. Avant cela j’étais plutôt contemplateur, tantôt politiquement actif, mais toujours de manière silencieuse.
EEEJ : Revenons à la phase technico-professionnelle de votre fonction, quels en sont les instants que vous estimez les plus radieux, et quels en sont ceux qui correspondaient à des réalisations ou à des difficultés au cours de votre carrière professionnelle ?
AOD : Je pense que mon passage à l’OERS a été une époque quasi-normale, étant donné qu’il y avait des experts des différents pays membres (Mali, Sénégal Guinée), qui portaient les mêmes préoccupations et les mêmes aspirations. Toutefois, j’avais personnellement ressenti la taille réduite et la place inférieure que les autres Etats membres concédaient à la Mauritanie. Naturellement ma position n’était pas confortable étant donné que, d’une part, je représente l’ensemble des Etats de l’Organisation, et d’autre part, je ne pouvais admettre qu’on traite de la sorte mon pays en le réduisant au strict minimum au sein de cette organisation. Surtout que nous sommes le moteur des projets de l’organisation pour tout ce qui est coordination entre les autres membres qui étaient presque déchirés par les antagonismes et les divergences existants à l’époque.
Tout d’abord entre le président sénégalais Senghor et malien Modibo Keita, puis entre Senghor et le président guinéen Ahmed Sékou Touré. Ensuite après le coup d’état au Mali, les réserves ont augmenté chez le Sénégal et la Guinée, comme une manifestation de désapprobation des coups d’Etat de crainte qu’ils ne se propagent à leurs pays. Dans cette atmosphère, la Mauritanie jouait un rôle clé dans le rapprochement entre ces pays qui tenaient à apparaître courtois les uns envers les autres, malgré ces divergences.
Le rôle de la Mauritanie a grandi surtout lorsque ce projet a commencé à aboutir, et que l’heure des financements a sonné. C’était la Mauritanie qui avait mobilisé les financements. Parce que quand les préparations techniques du dossier étaient au point et que la première réunion des principaux bailleurs de fonds s’était tenue (la Banque Mondiale, le PNUD et l’UE), il s’est révélé que les montants nécessaires étaient énormes et la rentabilité du projet était plus une rentabilité liée au développement économique et sociale, et non une rentabilité commerciale directe.
Il s’est donc révélé que ces institutions n’étaient pas prêtes pour suivre le projet. C’est alors à ce moment que l’ex-président feu Moctar Ould Daddah (que Dieu ait son âme) a pris son bâton de pèlerin en entreprenant un voyage dans les pays du Golfe en compagnie de Senghor et de Moussa Traoré. Et c’est avec les efforts de feu Moctar Ould Daddah (que Dieu ait son âme) que la délégation était revenue avec un montant de 500 millions de dollars américain. Montant très important à l’époque et qui était suffisant pour couvrir tous les coûts de ce projet. Et c’est ainsi qu’il est apparu que le rôle de la Mauritanie était primordial aussi bien au niveau de la coordination qu’au niveau du financement.
En ce qui concerne mon passage à la SONIMEX, on peut dire qu’il était relativement facile. J’ai passé deux ans à sa tête. Et je peux dire que durant cette période, les prix des denrées alimentaires n’ont pas augmenté d’un seul khoums.
EEEJ : Etait-il de la philosophie et de la mission de la SONIMEX, de stabiliser les prix ?
AOD : Tout à fait, l’Etat à travers cette société garantissait la disponibilisation des produits de base au mêmes prix sur toute l’étendue du territoire mauritanien. C’est ainsi que le prix d’un sac de sucre de riz ou autre était le même à Nouakchott, à Néma ou à Sélibaby. J’ai personnellement veillé à rendre cette société plus performante et en ai perfectionné l’organisation, et en ai réduit les dépenses. J’ai pu en plus de la stabilisation des prix, réaliser des bénéfices inimaginables à cette époque. Ainsi j’ai pu réaliser la première année 120 millions de bénéfices, bien que j’aie pris service au mois de mars. Et au cours de la deuxième année, nos bénéfices ont dépassé les 200 millions, sans faire la moindre augmentation des prix.
Nous avons aussi exporté au cours de la deuxième année et pour la première fois dans l’histoire de la Mauritanie, de grandes quantités de gomme arabique qui ont atteint 4.700 tonnes. La Mauritanie devint alors le deuxième exportateur de ce produit au plan international après la Soudan. Au cours du lancement de ce projet, tout le monde le vouait à l’échec et à la perte, mais, contrairement à ces fausses prophéties, nous avons engrangé de grands bénéfices et assuré plus de 300 emplois.
Les transporteurs ont pu profiter, les sociétés de transit et de consignation, le wharf et les commerçants. Quant à la SONIMEX, elle a dégagé 50 millions de cette opération, malgré qu’une première expérience soit toujours entourée – et c’est naturel – de difficultés majeures qui empêchent souvent de réaliser des bénéfices. Je donnerais ici à titre d’anecdote comme difficulté rencontrée, que la gomme demande un traitement spécial pour qu’elle soit bonne à l’exportation.
Le destin a voulu que je fasse la connaissance d’un libanais avec qui j’ai fait mes études au lycée à Dakar, dont le père exportait la gomme à partir du Sénégal, et à qui j’ai demandé de l’aide. Il m’a aidé à trouver des femmes sénégalaises spécialisées. Je les ai fait venir à Nouakchott pour deux mois. Nous leurs avons loué un local et elles ont pu former des mauritaniennes et rentrer chez elles après nous avoir transmis ce savoir-faire.
Mais le véritable défi auquel j’ai fait face (pour un tas de raison) était la création de la monnaie nationale. Premièrement parce que tous les pays qui ont tenté de sortir de la zone franc et créer une monnaie propre, ont essuyé un grand échec comme le Mali et la Guinée, qui ont fini par abandonner leurs monnaies nationales pour réintégrer de nouveau le zone franc. Il faut ajouter à cela que la France qui veille au franc CFA, n’admettait pas qu’on lui désobéi, et il y a certains milieux qui font échouer de telles velléités.
Il faut ajouter à cela la dimension du pays, sa création récente, le manque de cadres et d’expérience. Mais nous nous sommes décidés en faisant foi en Allah. Dans cet effort, nous avons bénéficié de l’appui de l’Algérie, qui nous a ouvert sa Banque centrale pour nous permettre de nous ouvrir sur cet univers inconnu et connaître ses modes de fonctionnement. Elle nous a aussi aidé à former nos premiers cadres. Tout comme elle nous imprimé le premier lot de notre monnaie.
Cette expérience était naturellement utile pour nous. Mais ce qui nous a le plus poussé et aidé, s’était le fait que nous étions une élite constituée de jeunes qui croyaient en ce qu’ils faisaient. Nous déployions toutes nos énergies, notre temps, nos santés, nos forces et notre réflexion pour faire triompher la Mauritanie, pour son progrès et sa prospérité. Nous étions conscients que ce projet était déterminant pour l’avenir de l’Etat mauritanien.
EEEJ : Comment a été prise la décision de la création d’une monnaie nationale?
AOD : Cette décision a été prise par le président Moctar Ould Daddah (que Dieu ait son âme) en août 1972. Un groupe très restreint de personnes était informé du sujet, j’en faisais partie. L’actuel président qui était à l’époque ministre de l’Economie, feu Ahmed Ould Zeine, Moustapha Ould Cheikh Mouhamedou, Dieng Boubou Farba, feu Moustapha Ould Khalifa constituent ce groupe. Nous avons commencé la préparation de ce projet secrètement. Nous manquions d’expérience dans ce domaine qui est très technique et qui demandait une grande précision, et malgré ce manque d’expérience et le risque de commettre des erreurs, notre esprit de groupe et la confrontation de nos idées, nous ont permis d’éviter certaines erreurs fatales et même réussir ce pari.
Le deuxième point, est que nous avions compris très tôt que le contrôle des financements constituait la pierre angulaire du système monétaire, et que si l’Etat le laissait flottant, nous allions échouer. Nous avons donc adopté une entière flexibilité envers les mauritaniens, parce que nous avions compris que toute richesse commerciale entre les mains de mauritaniens, constituait en définitive une richesse nationale. Etant donné qu’à l’époque les commerçants mauritaniens n’avaient pas de penchants pour aller investir hors du pays. Et que par conséquent il n’y aura pas de répercussions négatives dans le cas où ils commettaient des infractions à la Douane ou aux Impôts, étant donné que l’économie nationale n’en sera pas affectée.
Nous avions donc surveillé les opérateurs étrangers arabes et européens qui commercialisaient dans le pays de peur qu’ils ne fassent de grands transferts ou mouvements de fonds qui peuvent épuiser nos réserves en devises, après que nos analyses nous ont révélé que ceci constitue une des principales faiblesses pouvant affecter notre monnaie.
D’autre part, nous avions été soutenu dans la réussite de ce projet, par la parfaite maîtrise de nos exportations qui étaient constituées essentiellement par le fer qui représentait 80% de nos ressources en devises en plus de la pêche. C’est ainsi que la monnaie nationale a été mise en circulation le 29 juin 1973. En octobre de la même année, est intervenue la grande mutation des prix du pétrole, ce qui a contribué à la quadruplication des revenus des pays du Golfe producteurs de pétrole, ceci avait coïncidé avec la rentrée de la Mauritanie au sein de la Ligue arabe.
Ainsi les besoins de la Mauritanie en devises étaient assurés par nos frères arabes. Nous avons été aidé par l’Arabie Saoudite, puis par le Kuweit, mais l’aide la plus importante dans ce domaine, elle nous a été fournie par la Libye et elle consistait en la contre-valeur de 5 milliards en devises, pour assurer un fonds de stabilisation et de garantie (appelé communément le panier) pour l’Ouguiya, cela est intervenu suite à une visite de feu Moctar Ould Daddah, après le refus de la France de nous accorder cette faveur.
Cette réussite de l’ouguiya avait donné lieu à la constitution d’une base économique en même temps qu’elle avait donné à la Mauritanie une grande renommée. Ces résultats ont poussé la France – après avoir constaté la réussite de cette expérience chez nous, et par crainte qu’elle ne fasse école chez nos autres voisins – à procéder à une réforme profonde de la zone franc. Réforme qui avait donné comme conséquence le transfert de Paris du siège de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO) vers Dakar, et de celui de la Banque centrale des Etats de l’Afrique centrale (BCEAC) vers Yaoundé.
En même temps la France lâche du lest et abandonne sa mainmise sur ces deux institutions au profit des africains. La France avait procédé ainsi pour couper court aux aspirations à tenter l’expérience mauritanienne qui était unique en matière de souveraineté monétaire dans la sous région, malgré la modestie de ses ressources. Dans le même temps, on peut pourtant remarquer qu’il y a des pays beaucoup plus nantis, et disposant de plus de ressources dans la sous-région comme la Côte d’Ivoire, le Gabon, le Congo-Brazzaville ou le Cameroun. On peut dire donc que cette expérience mauritanienne était profitable à l’ensemble de la sous-région ouest et centre africaine, dont je considère, toute l’équipe de supervision et de pilotage, grandement à l’origine de la réussite.
Ainsi Pierre Bernes, envoyé spécial de Le Monde en Afrique occidentale, et qui deviendra plus tard membre du Sénat français, écrivait en juillet 1978 que l’expérience monétaire mauritanienne a tenu, et que l’économie mauritanienne n’a souffert que de l’effort de la guerre du Sahara et du déficit de la balance. La création de l’ouguiya ajoute le journaliste avait conduit à la nationalisation de la MIFERMA parce que la maîtrise des exportations de fer qui constituaient l’essentiel des exportations, signifie la maîtrise totale de la principale ressource en devises.
La question qui se pose est de savoir si la réussite de cette expérience en plus de la nationalisation, ne constituent pas la roue qui a empêtré la Mauritanie dans la guerre du Sahara qui avait affreusement englouti tous les ressources et les réserves que la Mauritanie a pu mettre à profit.
EEEJ : Voulez-vous dire que la France aurait joué un rôle quelconque pour amener la Mauritanie à entrer en guerre en représailles à sa révision des accords, la création de la monnaie et la nationalisation de la MIFERMA?
AOD : Je ne suis pas en train d’écrire mes mémoires, mais je dis quand-même qu’il est difficile pour quelqu’un de ne pas faire un rapprochement entre ce qui est arrivé dans la guerre du Sahara et son impact négatif sur l’économie mauritanienne, et la grande réussite qui s’était produite, et avait fait que la Mauritanie commençait déjà à cueillir les résultats de sa politique.
Ce grand projet qui s’appelle la projet de pelletisation du minerai de fer à El Aouj, il ne date pas d’aujourd’hui, il existait à l’époque, et il était prévu de le réaliser avec un milliard de dollars. Il y avait aussi un projet plus important avec les japonais qui nous ont informés, alors que j’étais ministre des finances, qu’ils allaient faire l’investissement du siècle dans notre pays dans le domaine de la pêche. Nous avions aussi déjà acquis à l’époque, 500 millions de dollars pour le projet Guelbs.
Ces investissements énormes qui commençaient à pleuvoir sur la Mauritanie, et que la Mauritanie était sur le point d’en cueillir les fruits, grâce à sa politique, et après avoir tenu le cap et réussi dans la persévérance, la gestion saine de ses projets, tout cela a été emporté par la guerre du Sahara. Il n’y a aucun doute que la France avait un rôle là-dans, elle n’est peut être pas la seule, peut être qu’il y a aussi d’autres parties qui ont vu qu’elles pouvaient exploiter l’implication de la Mauritanie dans la guerre pour polariser les investisseurs au profit de leurs projets.
De mon point de vue, il s’agit d’un sujet qui mérite une enquête approfondie pour connaître exactement ce qui s’était passé, les dessous et le rôle de chaque partie. Je sais par exemple que le président français Valéry Giscard d’Estaing qui a accédé au pouvoir au printemps de 1974, avait rencontré à l’époque le prince espagnol Juan Carlos qui était à l’époque promu au trône d’Espagne, pendant la maladie du général Franco. J’ai par la suite entendu Mitterrand en 1981 alors que je séjournais à Tichit, parlant au sujet de l’affaire du Sahara, dire qu’au cours de cette réunion entre Giscard et Juan Carlos, le sort du Sahara a été scellé dans l’ombre.
EEEJ : Vous dites que la nationalisation de la MIFERMA était indispensable pour consolider la monnaie nationale, de qui était venue cette décision?
AOD : La décision de la nationalisation était prise par feu le président Moctar Ould Daddah en juillet ou août 1974. Le président m’avait alors convoqué avec Sidi Ould Cheikh Abdallahi et Ismail Ould Amar et il nous a informés de la décision de la nationalisation en nous chargeant chacun en ce qui le concerne, de prendre les mesures qui s’imposaient. Moi à la BCM, Sidi Ould Cheikh Abdallahi au ministère de l’économie et Ismail Ould Amar à la SNIM qui n’était à l’époque qu’une petite agence. L’expérience de la nationalisation avait à son tour réussi comme ce fut le cas de la Banque centrale.
EEEJ : La création de la BCM, ne s’était-elle pas heurtée au problème d’inexistence de banques primaires nationales?
AOD : Naturellement, au moment de la création de la BCM, il n’y avait que deux banques l’une était la Banque Internationale de l’Afrique de l’Ouest (BIAO) et l’autre était la Société Mauritanienne de Banque (SMB) qui était entre les mains des français en, ce moment. Ces banques étaient naturellement descendantes de banques françaises et constituaient en quelque sorte des succursales de ces grandes banques, ce qui avait engendré quelques frictions avec elles, étant donné qu’elles refusaient de se soumettre aux directives générales de la toute nouvelle Banque centrale de Mauritanie. C’est pour cela que, quand la BIAO apprend la nouvelle de la nationalisation, elle a procédé à la mise sous séquestre la somme de 20 millions de dollars qu’elle avait dans ses comptes pour la MIFERMA, et qu’elle devait normalement transférer à la BCM.
Au lieu de faire cela, elle remet ce montant à la MIFERMA comme pour embarrasser la Mauritanie. Ce qui a causé un véritable différend de la BIAO avec la BCM, et conduit à la reprise de cette banque par l’État mauritanien contre une ouguiya symbolique, dans le cadre du règlement qui a été trouvé entre les mauritaniens et les français au sujet de la MIFERMA. La Mauritanie connaîtra par la suite l’ouverture de plusieurs banques arabes, africains et islamiques comme la Banque arabe libyenne mauritanienne (BALM, qui deviendra Chinguitty Bank), la Banque arabo-africaine en Mauritanie (BAAM, ancêtre de la BMCI), qui était une banque où s’associaient la BCM et la Banque Arabo-Africaine qui est une banque kuweito-égyptienne dont le siège est au Caire.
Avec l’arrivée de ces banques, une certaine concurrence s’était installée entre le secteur bancaire en Mauritanie. Ces banques qui portaient des capitaux arabes et auxquelles l’Etat Mauritanien participe activement, servaient plus la nouvelle politique de la BCM. D’autre part, l’idée de la création de la BADEA (banque arabe de développement économique en Afrique basée à Khartoum) revient à la Mauritanie qui a été à l’origine de sa proposition et de la synthèse de la première note concernant sa création et qui a été soumise aux parties arabes concernées. J’ai personnellement voyagé pour en discuter l’idée avec des partenaires arabes et africains. J’ai rencontré à ce sujet au Caire Abderrahamane Salem Al Atighi ministre koweitien des finances et du pétrole, dans un tête-à-tête que j’au eu avec lui et qui a fait apparaître beaucoup d’entente et de concordance de vue entre nous deux.
À l’été 1974, le ministre Al Atighi était à Dakar pour l’inauguration de la banque sénégalo-koweitienne. Nous avons alors entrepris un certain nombre de contacts pour l’amener à passer par la Mauritanie lors de son retour du Sénégal. Il acceptera sous condition que son passage en Mauritanie soit une escale technique en raison de son emploi de temps chargé. Nous avons alors préparé une réception copieuse toute la nuit, que nous avons déplacé à l’aéroport au petit jour où devait arriver notre hôte. Il est resté deux heures avec nous au cours desquels nous lui avons fait visité les principaux points d’attraction de la ville.
Nous avons convenu avec lui au cours de cet arrêt, la création de la BAAM et de la construction de l’AFARCO, de la construction de l’Hôtel Sabah, et sur la création de la SAMIA entre les koweitiens et le SNIM qui n’était à l’époque qu’une simple adresse, étant donné que la nationalisation n’est pas encore intervenue. Nous avons convenu avec lui que le capital de la SAMIA serait de 20 millions de dollars, qui seront entièrement déboursés par le Kuweit, puis le remboursement des koweitiens par la Mauritanie se fera par la suite à travers la production.
Par chance, et grâce à nos efforts et ceux de nos amis koweitiens, la BAAM a été inaugurée le 29 novembre 1974, au lendemain de la proclamation de la nationalisation de la MIFERMA.
EEEJ : Comment avez-vous pu mobiliser les fonds nécessaires au remboursement du coût de la nationalisation qui aurait atteint les 90 millions de dollars?
AOD : C’est là une longue histoire, qui avait donné lieu à de très longues discussions.
EEEJ : Est-ce que la MIFERMA a été surprise par la décision de sa nationalisation ?
AOD : Evidemment, la décision de la nationalisation n’a pas subi de fuite, pour cela elle a constitué un grand choc pour les français responsables de cette société. Claude Ibère qui en était le directeur général a écrit un livre dans lequel il m’a fait porter la plus grande part de responsabilité. En réalité l’idée a germé dans la tête de feu Moctar Ould Daddah. Mais lorsque la nationalisation est devenue un fait accompli, nous sommes rentrés dans des négociations interminables avec les français pour déterminer le montant des compensations de la MIFERMA. Il a été arrêté que la MIFERMA conserve les 20 millions de dollars précédemment cités.
La Mauritanie doit ensuite lui verser 90 millions de dollars, dont 40 avant la fin de l’année, et le restant sous forme de traites annuelles de 10 millions chacune pendant 5 ans. La Mauritanie n’était naturellement pas à l’époque dans une situation lui permettant de s’acquitter de ce montant. Le président m’a alors convoqué et m’a demandé de voyager au Golfe à la recherche de ce montant. J’ai alors voyagé au Kuweit qui nous a répondu favorablement. Elle a mis ce montant à notre disposition, et il a été transféré au bon moment, malgré les délais courts.
Ce fut une position inoubliable de la part de nos frères kuweitiens, vu que le montant était important (40 millions de dollars à cette époque). Si la Mauritanie ne jouissait pas d’une bonne diplomatie et d’une bonne réputation dans le Monde, et si sa gestion n’était pas exemplaire, sans corruption, sans gabegie ni malversation déclarée, nous n’aurions jamais pu récolter un tel montant.
EEEJ: A votre avis d’où la Mauritanie tirait-t-elle cette réputation ?
AOD : Comme vous le savez les valeurs sont avant tout morales. Pour paraphraser le poète arabe, «les nations sont la morale tant qu’elle reste, et quant leur morale s’en va, elles disparaîtront».
La Mauritanie avait à cette époque un grand capital moral, tous les pays avaient confiance dans ses engagements et sa simple signature était suffisante dans les milieux financiers. On pouvait donc dire qu’elle avait sa chance et que si elle avait évité les affres de la guerre du Sahara et les calamités des coups d’État, elle aurait aujourd’hui franchi de grandes étapes sur la voie du progrès et du développement. Naturellement ce qui s’était passé était inévitable et il s’était produit un peu partout à travers le Monde, et l’histoire est ainsi faite, sont cheminement est souvent sinueux, et il arrive qu’il soit semé d’embûches.
EEEJ : Y a-t-il lieu de comparaison entre les élites d’alors et les élites actuelles?
AOD : Pour commencer, il convient de préciser qu’il n’était jamais question pour les cadres qui séjournaient à l’étranger pour études, de s’établir définitivement là-bas, mais ils rêvaient au contraire tous de revenir au pays pour participer à la reconstruction nationale. Les emplois étaient naturellement disponibles, et le fonctionnaire ressentait une certaine valeur morale malgré la modestie du côté matériel. Le pays se distinguait à l’époque par l’absence du gaspillage et du faste et surtout par l’inexistence de cette nouvelle tendance à afficher les apparences matérielles. Celui qui jouissait du respect n’est pas forcément celui qui affichait des signes extérieurs de richesse ou d’opulence, et il régnait une atmosphère d’austérité au sein de l’État à cette époque, à tel point qu’il n’existait pas le moindre climatiseur dans les sphères publiques.
L’élite de cette époque endossait ses responsabilités et croyait en quelque chose, en l’État et la nécessité de faire des sacrifices pour ce peuple. Et en parallèle, la planification et les services sanitaires et sociaux que l’État fournissait étaient disponibles et faciles à avoir. D’autre par l’État jouissait d’un respect incontestable, et celui qui commettait une faute comme la corruption ou le détournement quelque soit sa fonction (ministre ou directeur), était immédiatement radié et traduit en justice.
Il y avait réellement une lutte contre la corruption, et tout celui qui affiche des signes d’improbité, était automatiquement révoqué et traduit en justice, ce qui a contribué à enraciner la notion d’État et à accroître la confiance en elle, aussi bien chez le citoyen, qu’à l’étranger. Ceci a contribué à la mobilisation des moyens publics de l’État pour l’intérêt des citoyens. À titre d’exemple, il n’était pas imaginable que l’État accorde un logement à un fonctionnaire qui en possède un, même s’il s’agissait de ministre. Même le président Moctar (que Dieu ait son âme) avait mis sa maison au service de l’Etat qui en a fait une villa d’hôtes.
EEEJ: Comment ressentez-vous que le président Moctar vous traitait-il, est-ce complaisamment en tant que frère, ou de la même manière qu’il traitait tous les autres responsables?
AOD : Jamais je n’ai senti qu’il me traitait d’une façon privilégié ou en tant que frère. Et si on suppose qu’il me traitait spécialement, je peux dire que c’était de façon négative, étant donné qu’il pardonnait aux autres ce qu’il ne me pardonnait pas, et mois en contrepartie je lui suggérais mes remarques en toute liberté et sans détours, et parfois je lui exprimais ma désapprobation de certaines choses en toute franchise et tout détachement, et c’était là le style que lui-même utilisait et appréciait. Je lui ai parlé une fois d’un individu dont je ne veux pas citer le nom, et qui était soupçonné d’un détournement de fonds et qu’il avait révoqué et traduit devant la justice, il m’avait simplement répondu, «si c’est toi ou ton frère Abdallahi qui faites la même chose, vous subirez la même peine».
Je ne croie pas aussi, compte tenu des compétences qu’il y avait à l’époque que j’avais fait l’objet d’un traitement de privilège, plus que mes autres collègues de promotion, qui occupaient aussi des postes de ministre et de directeurs généraux de grands établissements publics.
EEEJ : Entre le coup d’Etat de juillet 1978 et décembre 1991, date de votre entrée déclarée sur la scène politique, comment vous pratiquiez la politique et les relations publiques au cours de cette période ?
AOD : Depuis l’aube du 10 juillet 1978, au premier novembre 1982, j’étais d’une manière ou d’une autre soit en prison, soit en résidence surveillée. Les neuf (9) premiers mois de cette période, je les ai passé à la caserne du Génie militaire. Après cette date, j’ai été transféré à Boutilimit pour y séjourner en résidence surveillée jusqu’au 16 mars 1981.
A partir du 4 avril 1981 jusqu’à fin juillet de la même année j’ai été séquestré à Tichit, sans pouvoir échanger avec qui que se soit ou recevoir de la visites, mais je faisais de la politique d’une certaine façon à travers des échanges de vues avec les autres, en faisant de la prospection, de la critique ou de l’analyse entre autre. Après ma relaxation le premier novembre 1982, je suis resté dans le pays durant près d’une année entre Boutilimit et Nouakchott. J’étais en cette période en contact permanent avec certaines personnalités avec qui j’échangeais les points de vues sur toutes les questions nationales, avant d’être contraint pour des raisons de vie, de voyager au mois d’août 1983 à l’étranger pour travailler comme consultant international.
Même au cours de ce séjour de septembre 1983 à novembre 1986 en France, et de celui de novembre 1986 à novembre 1991 à la Banque mondiale, je me suis imposé une réserve stricte quant à l’exercice manifeste de la politique, mais, en même temps, j’étais en contact permanant avec les nouvelles du pays. Pour ce qui est de la pratique proprement dite de la politique et au grand jour, j’y suis entré en réalité par la grande porte en décembre 1991.
EEEJ : Quelle est la date de votre retour à Nouakchott?
AOD : Je suis revenu le 28 novembre 1991.
EEEJ : Le choix de cette date symbolique qui est le jour de l’indépendance, découlait-il d’une volonté préméditée, ou était-ce simplement un hasard?
AOD : Il s’agissait d’une coïncidence.
EEEJ : Quel est le groupe qui était derrière l’idée de votre candidature, est-ce que cette initiative émanait de vous ou d’autres?
AOD : Ce souhait a été formulé par certaines parties que je ne veux pas citer nommément maintenant. L’UFD était sur le point d’éclater en raison de divergences entre ses différentes composantes qui n’avaient rien de commun, avec notamment la multiplication des candidatures à la candidature au nom de cette formation. J’ai alors été contacté par certains d’entre eux qui m’ont encouragé à me porter candidat, et en même temps, ils ont incité le parti à me soutenir. J’ai alors décidé de rentrer au pays et m’enquérir de la situation.
EEEJ : Les autorités de la transition ont reconnu qu’il y a eu un putsch électoral contre vous en 1992 , et qu’il y avait possibilité que vous vous retiriez après l’élection présidentielle, mais ce ne fut pas le cas et vous avez préféré rester, peut-on savoir pourquoi?
AOD : A cette époque, tout le monde s’était lancé dans le jeu politique, croyant en sa sincérité, en sa transparence et sa liberté. La campagne électorale s’était tellement enflammée et animée à tel point que les gens ont cru que le changement pouvait se produire. Je suis aujourd’hui convaincu que j’avais recueilli des résultats éclatants. Et contrairement à ce qui a été rendu public par les autorités, j’ai obtenu un score écrasant. Après ces résultats, je ne pouvais pas faire marche arrière parce que je considère que c’est une trahison. Tout d’abord pour moi-même, ensuite pour le peuple mauritanien, étant donné qu’un nouveau pacte moral s’était tissé entre moi et le groupe qui m’a soutenu. J’ai cru en ce projet que j’ai soumis au peuple et je pense que mon départ serait perçu comme un manquement à la conscience et au pacte moral qui me lie aux citoyens, il n’était donc pas imaginable pour moi de tout abandonner et partir.
EEEJ : De décembre 1991 à août 2005, quel bilan faites-vous au sortir de cette longue période émaillée de plusieurs scrutins, et de plusieurs arrestations?
AOD : La plus grande difficulté que j’ai rencontrée durant cette période, c’est l’embargo qui m’a été imposé, à tel point qu’il suffit que quelqu’un parle au téléphone, pour que sa discussion soit enregistrée. C’est ce qui s’était produit au cours du procès des déchets toxiques, quand ils ont tenté de présenter un enregistrement d’une interview téléphonique que j’ai eu avec le Directeur du journal "Al Qoods Al Arabi", qui m’avait contacté au sujet de détails relatifs à l’enfouissement des déchets. Sans parler des poursuites et des mouchards qui sont répandus partout, à tel point qu’il m’était impossible de dire un mot ou de faire un geste, qui ne soient sous surveillance policière. Ce qui constitue une méthode désagréable, qui ne m’empêche pas de continuer mon combat, quoiqu’il comporte d’autres aspects fâcheux, qui sont les risques encourus par les personnes avec qui j’ai des liens ou des contacts.
Chose très gênante pour moi. Le manque de professionnalisme des intrus qui sont chargés de telles missions, les rendait cependant facilement identifiables, ce qui m’est arrivé à plusieurs reprises. A ce sujet, je me souviens qu’une fois, une famille était venue s’installer et dresser une tente en face du domicile où je résidais et qui est en face de l’ambassade de France. Vous savez qu’il n’existe aucune infrastructure pour mener une vie normale dans cet espace public. J’ai envoyé quelqu’un pour demander à cette famille les raisons de leur installation en ce lieu. Ils lui ont répondu que cet espace leur a été prêté par la Commune de Tevragh Zeina. Et dès que nous avons quitté cette maison, ils ont à leur tour quitté cet endroit.
En ce moment, l’un des occupant de la maison avait remarqué que le directeur du projet qui se trouvait en face de la maison, passait le plus clair de son temps assis devant une boutique situé à côté de ses bureaux, face tournée vers notre maison, et il a gardé cette habitude jusqu’à ce qu’il est décédé quelque temps après. Depuis le changement du 3 août 2005, toutes ces restrictions aux libertés s’étaient arrêtées.
EEEJ : Pensez-vous que tout ce qui est arrivé au parti comme division, défections et le départ de certains pour regagner les rangs du parti régime, qu’il y a les mains du pouvoir à l’origine de tout cela?
AOD : Avant de répondre, je commencerais par la deuxième partie de la question, pour dire, qu’il y a beaucoup d’individus ayant des convictions, des positions inébranlables et de la dignité. Ces gens là qui ont combattu avec moi tout au long de cette période, ont pu tenir face aux pressions diverses et de tout ordre, comme la tentation à la débauche. Ils ont supporté la mutilation de l’image, le délaissement et l’exclusion. Ces gens-là ont pu camper sur leurs positions. On parle beaucoup de tel ou tel qui sont partis de l’autre côté et on oublie ceux nombreux, qui ont résisté. On dirait que ces gens-là qui ne sont pas partis, plus l’embargo et la répression les tenaillaient, plus leur cohésion et leur résistance sont plus importantes.
C’est là une chose importante et un honneur, et c’est le plus grand soutien, et le plus grand encouragement que j’ai eu à recevoir. Ce bilan nous a permis de tirer des leçons. S’il y a des personnes qui ne jouissent pas d’aplomb et de fermeté dans les positions, ou des personnes affairistes qui cherchent les miettes des festins de n’importe quel régime qui se met en place. Il y a aussi les personnes qui ont des principes et qui portent les qualités de dignité, d’intégrité et de courage. Sur le deuxième aspect de la question, il est évident que l’ancien régime est responsable des secousses et défections que le parti a subi, à tel point que, le pouvoir de l’époque avait légalisé ces divisions, en accordant le titre du parti à plusieurs groupes, et fait rare, il avait partagé son budget. Ajoutez à cela la, tentative de polarisation des personnalités de poids par la politique du bâton et de la carotte.
L’Etat s’était donc impliqué dans cette campagne de sape en jetant tout son poids, dans la bataille visant son affaiblissement et l’achat de ses consciences. Ce travail de démolition pouvait conduire le pouvoir à la convocation des personnalités visées en leur faisant des promesses s’ils abandonnent Ahmed Ould Daddah et quittent son parti. Mais les vrais militants et combattants sont restés campés sur leurs principes et ils constituent la majorité. Si le pouvoir a pu débaucher quelques uns, il a échoué à faire basculer la majorité. Que Dieu ait l’âme de Mohamed Ould Haroun Ould Cheikh Sidiya, qui était un admirable exemple de fermeté, d’audace, d’inébranlables convictions et de sacrifices.
EEEJ : Vous est-il arrivé une fois, ou à des instants donnés de céder au désespoir?
AOD : Réponse par non en citant un verset de Coran.
EEEJ : Est-ce que Ould Taya a tenté une fois de vous débaucher vous-même à l’instar de vos sympathisants?
AOD : Je me rappelle que Bâ Abdoul Aziz (que Dieu ait son âme) était venu une fois me voir en 1992 juste avant la formation du gouvernement et après les élections que le colonel untel (je ne veux pas citer son nom ici) était prêt pour me nommer Premier ministre pour une période de deux ans avec toutes les attributions que je voulais, sans que je subisse la moindre ingérence de sa part. Je lui ai répondu que je ne cherchais pas des promotions ou des postes, mais que je ne voyais pas d’inconvénients à ouvrir des pourparlers avec le chef de l’Etat. Il me fait savoir que ces négociations devaient être confidentielles, je lui ai dit que je suis devenu une personnalité publique et qu’il m’était impossible d’entamer un travail clandestin.
Après cela, quelques personnalités qui étaient de mon bord et qui sont partis au pouvoir, ont tenté de me convaincre à revenir à plus souplesse avec le pouvoir pour qu’il y ait un rapprochement. Je leurs répondais que je n’étais pas contre le rapprochement à condition qu’il ne soit pas aux dépends des principes. Naturellement il y a eu beaucoup de tentatives de me débaucher.
EEEJ : Comment avez-vous accueilli la phase transitoire, à l’instant où vous avez eu vent du coup d’Etat d’août 2005?
AOD : J’ai eu la confirmation du coup d’Etat à sept heures du matin du 3 août, même si j’ai été informé bien auparavant. Avant le coup de midi, je me suis informé et j’ai immédiatement émis un communiqué de soutien et d’encouragement pour ce changement, parce que j’étais convaincu qu’à cet instant la situation du pays ne pouvait pas supporter d’avantage et continuer comme ça. Ce soutien a continué jusqu’à ce qu’il a joué un grand rôle dans la réussite politique du coup d’Etat et dans son acceptation au niveau international. Le parti avait fait de même, au vu de son importance, de sa nature et son poids sur la scène politique nationale, ce travail n’était pas négligeable.
D’autres partis avaient adopté la même position. Il faut ajouter à cela le grand rôle que j’ai joué pour accorder la crédibilité et rétablir la confiance dans le nouveau régime issu du 3 août, sur le plan étranger et international. J’étais pour cela en contact permanent avec les ambassades occidentales à Nouakchott, et j’ai aussi fait des contacts avec le Banque mondiale, le FMI et le reste des partenaires et bailleurs de fonds.
EEEJ : Comment vous arriviez à les convaincre?
AOD : Je leurs disais que la Mauritanie vivait soumise à une pression insoutenable, où la répression et les mauvaises condition de vie sont les maîtres, et qu’ils n’ont pas pu changer quelque chose sur le plan économique, au cours des dernières années, malgré les graves manquements, les données fausses et les chiffres erronés qu’on leurs faisait parvenir. Je leur expliquais qu’ils ne sont plus excusés de ne pas suivre et soutenir le changement qui a été opéré par les mauritaniens conformément aux aspirations du peuple.
Je me souviens avoir été particulièrement dur avec le directeur adjoint du FMI en lui disant que j’avais de la pitié pour leur institution parce que, soit ils ne disposaient d’aucun niveau ou expérience leur permettant de découvrir le niveau de gabegie et de triche qui se passait dans le pays, soit ils étaient complices. Je lui ai cité en exemple, qu’il y avait par entre le FMI et la Mauritanie une convention qui interdit au Trésor public de s’endetter auprès de la BCM au-delà de deux milliards d’ouguiyas, alors qu’il a un solde débiteur auprès de l’Institut d’émission, de 65 milliards 600 millions d’ouguiyas, sans la moindre justification légale.
Il faut ajouter à cela la manière dont sont gérées les compensations européennes au titre des accords de pêche qui sont restés trois ans durant, hors budgétisation. Sans compter le 1 à 2 milliards que le Japon accordait annuellement à la Mauritanie, etc. Le directeur adjoint du FMI n’en pouvait pas à tel point qu’il a baissé les yeux. Moi je les soupçonne soit d’incompétence, soit de complicité. En résumé, je pense que mon action diplomatique a été pour quelque chose dans la reconnaissance du coup d’Etat du 3 août 2005.
EEEJ : Est-ce que les autorités de la transition étaient conscientes ou même reconnaissantes pour ce rôle que vous avez joué?
AOD : Oui, nous avons œuvré en sa faveur, et nous l’avons laissé nous exploiter, parce que chaque partie tirait profit de la stabilisation du coup d’Etat.
EEEJ : Avez-vous fait cela par conviction que de toutes les façons, la situation ne sera jamais aussi mauvaise qu’auparavant ?
AOD : Oui, même si la période transitoire était aussi mauvaise à son tour, étant donné qu’elle n’a pas pu honorer à cent pour cent tous ses engagements, surtout en ayant pas su rester neutre jusqu’au bout. De toutes les façons tout cela fait partie des cheminements des peuples. Malgré l’infidélité de la phase transitoire et son non respect de ses engagements politiques, et malgré les entorses au processus démocratique, on peut dire que de nouveaux contextes plus meilleurs que les précédents, se sont ouverts dans le pays où règne un climat de libertés publiques.
Le combat des peuples passe souvent par des gestations douloureuses, mais il finit toujours par porter ses fruits. Si on regarde par exemple les groupes qui ont conduit le coup d’Etat du 8 juin 2003, on trouvera qu’ils étaient de fervents défenseurs d’Ould Taya en 1992. Le résultat final de tout cela, est que les efforts du peuple mauritanien et le discours de l’opposition sont parvenu à convaincre ses groupes qui ont conduit le putsch du 8 juin 2003 en les conduisant à réfléchir à opérer le changement dont ils s’étaient convaincu d’eux-mêmes.
EEEJ : A quel moment précis avez-vous découvert que les autorités de la transition n’avaient pas l’intention de respecter leurs engagements?
AOD : Je l’ai découvert au tout début de 2006, bien que je le pressentais depuis le premier jour, à partir du moment où le gouvernement a été rendu public et qu’il est apparu une mise à l’écart de toutes les personnalités pouvant être imputée de près ou de loin à l’opposition. Tendance qui a été confirmée par les nominations qui se sont suivies et qui ont obéi à la même règle d’exclusion. Mais se sera au début de 2006, que les choses deviennent un peu plus claires quand le chef de l’Etat Ely Ould Mohamed Vall commença à recevoir les gens individuellement et par groupes en leur donnant la directive de se retirer des partis politiques.
Les réalités se sont donc cristallisées sous mon regard, particulièrement en établissant le lien avec d’autre situations et d’autres évènements dont on peut citer comme exemple la tentative par Ely Ould Mohamed Vall, de traiter de la même façon, ce qui s’est passé au cours de la dernière période, avec les mêmes méthodes utilisées par le régime civil qui a été déposé par le coup d’Etat. Nous nous sommes trouvé face à un sérieux dilemme, ou nous annonçons cela en toute clarté à nos militants et au peuple, ce qui tendra à affaiblir les chances de l’opposition. Ce qui retirera la confiance à toute chance de changement, et contraindra les gens – qui ont généralement peur de s’opposer à l’autorité – à se défaire de leur soutien à ce changement.
Comme le chef de l’Etat utilisait le discours de la transparence, et affichait la neutralité, nous avons mené avec eux leur jeu. Cela nous avait permis de conserver un équilibre logique et rationnel, jusqu’au bout du processus, même si, vers la fin, ils se sont vus obligés de faire recours à d’avantages d’interférences pour sauver la face et aboutir à leur dessein.
EEEJ : Vous avez rencontré Ely à plusieurs reprises, que vous disait-il?
AOD : Il me disait exactement ce qu’il disait publiquement, à savoir qu’ils sont neutres, mais qu’ils ne peuvent pas maîtriser les rumeurs.
EEEJ : Etant donné que c’est ainsi que vous évaluez le processus, pourquoi avez-vous reconnu les résultats?
AOD : Je voudrais d’abord que vous reveniez à la déclaration que j’ai donnée au lendemain de la proclamation des résultats. J’avais dit que ; «selon les résultats proclamés par le ministère de l’intérieur, monsieur tel a obtenu la majorité, je le félicite et lui souhaite le succès». Donc on peut prendre de cela que, que je lui souhaite la réussite de son mandat, mais cela ne signifie pas que je reconnais les résultats. J’avais fait cela parce que j’espérais, compte-tenu de son expérience et de sa formation, et sa qualité de civil, qu’il constitue l’inauguration d’une nouvelle étape positive sur la voie de l’enracinement de la démocratie dans le pays, etc. pour cela, j’ai décidé de le féliciter, et de ne pas constituer un obstacle sur cette voie-là.
EEEJ : Nous sommes aujourd’hui au seuil d’une année d’exercice pour le nouveau pouvoir, comment évaluez-vous la situation du pays aujourd’hui?
AOD : La situation est en réalité d’une gravité extrême. D’une part on a des parties qui prennent en otage le système et qui ne sont qu’une continuité du passé, à cette différence près qu’elles ne ressentent plus ce complexe et ce ternissement qu’elles avaient aux premières heures de la transition. Ces segments considèrent aujourd’hui qu’ils sont sous la protection de l’ombre d’un président civil élu. Leur soif aujourd’hui débridée, de reprendre leurs pratiques anciennes, ne constitue plus de secret pour personne.
D’autre part, il y a des parties qui se disputent le leadership, et disputer les responsabilités au pouvoir. Chaque partie se considérant comme un état à part et agit pour le compte d’une vision restreinte. Quant au changement et sa symbolique, son côté pédagogique, ses méthodes, ses personnes qui ne sont pas entachées par la gabegie et la corruption, on peut dire que ce changement là, n’a pas encore fait à ce jour son apparition. Pour ce qui est de la corruption, on peut dire qu’elle a plutôt augmenté et il y a un retour à l’extériorisation de ses signes comme dans une compétition.
Cette situation se double d’une augmentation vertigineuse des prix et la montée en flèche du chômage, sans qu’il y ait un combat réel et intransigeant ou une vision éclairée pour l’éradiquer radicalement. Tout ce que je viens de citer rend les gens de plus en plus malheureux et inquiets pour la paix et la tranquillité du pays. Ces accumulations et ses craintes justifient la peur sur la sécurité et la stabilité du pays et sur sa saine marche vers un avenir plus sûr.
Ces propos ne doivent pas être pris comme étant des propos de l’opposition comme on a l’habitude de dire, ou considérer leur auteur comme une personne qui est mue par des mobiles personnels ou par un parti politique, mais ils doivent être considérés – et c’est ce que je souhaite – avec sincérité comme le dit le proverbe «écoutes les propos de ce qui te font pleurer, et n’écoutes pas ceux qui te font rire». C’est un cri que je lance à cette occasion et une cloche d’avertissement que je sonne pour faire éviter au pays les putschs, les révoltes sociales ou les guerres civiles.
EEEJ : Si l’on admet qu’il y aura une réponse favorable à ce cri, où réside la solution selon vous?
AOD : Le Président de la République jouit de toutes les prérogatives, et il peut utiliser ses attributions qui sont sans limites, pour esquisser les contours d’une politique de réforme sur le court, le moyen et le long terme, qui prend en considération les intérêts du pays et sa stabilité. Et s’il voit que les conditions dans lesquels il travaille ne lui permettent pas de faire des réformes, qu’il le dise. Puisqu’en sa qualité de président de la République, il est le premier responsable du pays, c’est lui qui est en charge de cette responsabilité, et c’est lui qui doit instruire nos doléances et nos peines.
EEEJ : Quel genre de rapports entretenez-vous actuellement avec le Président ?
AOD : nous nous rencontrons fréquemment et je lui expose mes vues en toute franchise, mais les résultats restent largement en deçà du niveau de nos attentes.
EEEJ : Tout dernièrement il y a eu une grande controverse au sujet de l’institution de l’Opposition, quelle est votre position par rapport à ce sujet ?
AOD : Il s’agit d’un thème secondaire pour nous, qui ne mérite pas d’être exposé à côté de la situation nationale difficile que traverse le pays. Tant que je considère que cette institution peut contribuer à améliorer le niveau de rendement de la démocratie dans le pays, je ne vois pas d’inconvénients à ce qu’on continuât à l’utiliser comme outil d’action. Si par contre, je constate qu’elle ne satisfait plus cette exigence, je ne trouverais aucune gêne à m’en passer.
EEEJ : En guise de conclusion que direz-vous à tous ces citoyens qui vous ont entouré et qui ont voté pour votre projet politique lors des dernières élections?
AOD : Je leur dis que, d’une certaine façon, je suis redevable à tous les mauritaniens, aussi bien ceux qui m’ont soutenu, que ceux qui s’étaient opposés à moi. Et je m’adresse ici à ceux qui ont fait valoir leur conscience loin des calculs étroits, et dans le seul but de servir la patrie. Quant aux compagnons de parcours qui m’ont voté, je leur dis ce que dit la sagesse arabe ; «deux choses sont toujours inoubliable, celui qui vous a aidé et celui qui a ligué contre vous». Et je prends Dieu à témoin, pour dire ici que je ne me souviens pas de ceux qui ont ligué contre moi.
L’important dans tout ça et qui mérite vraiment le sacrifice et le déploiement des efforts, c’est en définitif le peuple mauritanien et cette patrie dont l’amour fait partie de la foi, qui est notre refuge et le refuge de nos générations futures, qui récolteront les efforts de notre combat d’aujourd’hui pour la réforme. Je confirme à tous mes compatriotes qui m’ont soutenu que je n’ai pas tourné le dos au combat, ni changer de credo ou d’idéal, et que je continue à œuvrer pour la démocratie et la justice véritables qui auront des retombées bénéfiques de progrès et de prospérité sur le peuple mauritanien. Même s’il y a eu changement d’époque et de méthodes.
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06.04.2008
Arrestation dun sous-officier de police qui serait le complice de
Les services de sécurité ont arrêté le brigadier de police Sidi Mohamed Ould Ahmedou, beau frère du présumé salafiste en fuite, dont la carte professionnelle aurait été utilisée par le frère du fugitif pour faire sortir ce dernier du palais de la justice au moment où il devrait être entendu par le juge d’instruction.
Selon des sources bien informées, le brigadier qui travaillait à Nouadhibou serait en garde à vue au niveau de la première compagnie de maintien d’ordre de Tevragh Zeina.
Par ailleurs, l’Ani a appris que l’ooccupant de la voiture qui a ouvert le feu sur la police, le jeudi passé, serait Ould Sidina lui-même qui était venu suite à un appel de son frère déjà entre les mains de la police dans le cadre d’un piège tendu pour l’arrêter.
Les services de sécurité ont arrêté le brigadier de police Sidi Mohamed Ould Ahmedou, beau frère du présumé salafiste en fuite, dont la carte professionnelle aurait été utilisée par le frère du fugitif pour faire sortir ce dernier du palais de la justice au moment où il devrait être entendu par le juge d’instruction.
Selon des sources bien informées, le brigadier qui travaillait à Nouadhibou serait en garde à vue au niveau de la première compagnie de maintien d’ordre de Tevragh Zeina.
Par ailleurs, l’Ani a appris que l’ooccupant de la voiture qui a ouvert le feu sur la police, le jeudi passé, serait Ould Sidina lui-même qui était venu suite à un appel de son frère déjà entre les mains de la police dans le cadre d’un piège tendu pour l’arrêter.
Les services de sécurité ont arrêté le brigadier de police Sidi Mohamed Ould Ahmedou, beau frère
du présumé salafiste en fuite, dont la carte professionnelle aurait été utilisée par le frère du fugitif pour faire sortir ce dernier du palais de la justice au moment où il devrait être entendu par le juge d’instruction.Selon des sources bien informées, le brigadier qui travaillait à Nouadhibou serait en garde à vue au niveau de la première compagnie de maintien d’ordre de Tevragh Zeina.
Par ailleurs, l’Ani a appris que l’ooccupant de la voiture qui a ouvert le feu sur la police, le jeudi passé, serait Ould Sidina lui-même qui était venu suite à un appel de son frère déjà entre les mains de la police dans le cadre d’un piège tendu pour l’arrêter.
Les services de sécurité ont arrêté le brigadier de police Sidi Mohamed Ould Ahmedou, beau frère du présumé salafiste en fuite, dont la carte professionnelle aurait été utilisée par le frère du fugitif pour faire sortir ce dernier du palais de la justice au moment où il devrait être entendu par le juge d’instruction.
Selon des sources bien informées, le brigadier qui travaillait à Nouadhibou serait en garde à vue au niveau de la première compagnie de maintien d’ordre de Tevragh Zeina.
Par ailleurs, l’Ani a appris que l’ooccupant de la voiture qui a ouvert le feu sur la police, le jeudi passé, serait Ould Sidina lui-même qui était venu suite à un appel de son frère déjà entre les mains de la police dans le cadre d’un piège tendu pour l’arrêter.
Les services de sécurité ont arrêté le brigadier de police Sidi Mohamed Ould Ahmedou, beau frère du présumé salafiste en fuite, dont la carte professionnelle aurait été utilisée par le frère du fugitif pour faire sortir ce dernier du palais de la justice au moment où il devrait être entendu par le juge d’instruction.
Selon des sources bien informées, le brigadier qui travaillait à Nouadhibou serait en garde à vue au niveau de la première compagnie de maintien d’ordre de Tevragh Zeina.
Par ailleurs, l’Ani a appris que l’ooccupant de la voiture qui a ouvert le feu sur la police, le jeudi passé, serait Ould Sidina lui-même qui était venu suite à un appel de son frère déjà entre les mains de la police dans le cadre d’un piège tendu pour l’arrêter.
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Les services de sécurité libèrent Ali Ould Beddi Le: 5.4.2008 à: 22:27 (ANI)

Ali ould Beddi, dont l’arrestation, hier soir, a été le résultat d’une méprise, est libéré par les services de sécurité faute de lien existant entre lui et le présumé terroriste en fuite Sidi Ould Sidina.
Ali aurait été arrêté par des éléments de la garde nationale après une poursuite acharnée dans la confusion totale.
Ali dont le véhicule n’était pas en règle vis-à-vis de la douane avait fui en toute vitesse la patrouille de la garde qu’il prenait pour une patrouille de la douane. Voyant ce comportement suspect, les gardes l’ont poursuivi, pour l’arrêter en tirant sur son véhicule.
Selon des proches de Ould Bedi, son corps porte les traces de coup dont les gardes l’avaient roué au moment de son arrestation.
13:15 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05.04.2008
L'épouse du président de la République et son hôte Cheikha Moza Bent Nacer visitent la fondation Khatou mint El Boukhary
Nouakchott, 3 avr (AMI)- l'épouse du président de la République et son hôte, son Altesse Cheikha Moza Bent Nacer El Mesned ont visité jeudi le
Mauritanie / Qatar
L'épouse du président de la République et son hôte Cheikha Moza Bent Nacer visitent la fondation Khatou mint El Boukhary

20:43 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Signature d'un mémorandum d'entente pour la création d'une société d'aviation mauritano-qatarienne dans trois mois
Mauritanie / Qatar / Transport
Signature d'un mémorandum d'entente pour la création d'une société d'aviation mauritano-qatarienne dans trois mois

Nouakchott, 3 avr (AMI)- un mémorandum d'entente pour la création d'une société mauritano-qatarienne d'aviation avec un capital de 18 millions de dollars, dans trois mois, a été signé, jeudi, à Nouakchott. L'accord signé par le ministre des transports, M. Ahmed ould Mohameden avec M. Ahmed Moubareck El Ali, directeur du groupe qatari "El Betil" stipule que le groupe qatari détiendra 60% du capital de la société et que les 40% restant reviendont à l'Etat mauritanien (10%) et au privé mauritanien (30%).
Dans un mot prononcé pour la circonstance, M. Ahmed ould Ahmedou a indiqué que "la nouvelle société renforcera les services du secteur du transport aérien en Mauritanie et s'ajoutera à la société "Mauritanie Airways", créée récemment, grâce à un partenariat avec les frères tunisiens", soulignant que la société mauritano-qatarienne d'aviation débutera son activité avec une flotte de 5 avions, trois pour les moyens courriers et deux pour les courts courriers.
Le ministre a précisé que la nouvelle société mettra fin à ce qu'il a qualifié de problèmes liés au déficit en matière de flotte aérienne en Mauritanie, soulignant que le pays disposera alors de 8 avions. Il a, en outre, dit que grâce à la nouvelle société, l'activité économique nationale connaîtra une nouvelle impulsion et d'avantage opportunités d'investissement verront le jour.
En reponse à une question d'un journaliste, le ministre a affirmé que la prorité dans le recrutement du personnel sera accordée aux travailleurs d'Air Mauritanie.
AMI
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